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Sablé-sur-Sarthe. Énergie : au moins 700 000 € de plus sur la facture de la communauté de communes... |
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Le centre aquatique du Pays sabolien connaît des difficultés d’effectifs, qui se traduisent par des fermetures. © Ouest-France
Daniel Chevalier, le président de la communauté de communes du Pays sabolien, a ouvert le conseil communautaire de rentrée, vendredi 30 septembre 2022, à Avoise (Sarthe), par un discours sur les difficultés de la collectivité liées à la conjoncture. En répondant au passage aux interrogations sur les fermetures du centre aquatique et le projet de maison de santé.
Il avait bien conscience de « plomber l’atmosphère » pour la rentrée du conseil communautaire, réuni vendredi 30 septembre 2022, à Avoise (Sarthe). En introduction de séance, le président du Pays sabolien, Daniel Chevalier, a tenu à faire un point sur les difficultés qui affectent la collectivité.
« On est frappé de plein fouet par quelque chose qu’on n’avait pas connu depuis très très longtemps. Il n’y a pas de précédent à cet ensemble mêlant crise sanitaire et crise sociétale, auquel il faut ajouter la crise économique qui arrive. Il y a une réelle inquiétude vis-à -vis de l’inflation et du pouvoir d’achat de tous. Cela a des impacts sur nos choix », a-t-il introduit.
Il a ensuite donné quelques chiffres. « Pour la communauté de communes, c’est au minimum 700 000 € de charges de fluides qui n’étaient pas prévus lors de l’élaboration du budget. À ce montant, se rajoutent 300 000 € liés à la révision de la grille indiciaire (de la fonction publique). Sans compter l’effet Ukraine sur certains matériaux : on ne sait pas aujourd’hui combien d’augmentation vont prendre nos projets. On ne peut que tendre le dos », a-t-il déclaré.
Des efforts sur les frais de fonctionnement
« Soit on baisse les bras, soit on se retrousse les manches. Notre mandat s’en trouve marqué et rendu difficile. Mais c’est de notre responsabilité de nous en sortir », a-t-il souligné. Avant d’évoquer des pistes de solution.
« Nous avons des recettes, notamment les impôts. Mais une augmentation serait insoutenable en ce moment pour nos concitoyens », a-t-il relevé, alors que les taux pour les impôts fonciers avaient déjà été augmentés d’un point et demi en début d’année. Daniel Chevalier privilégie plutôt la baisse des frais de fonctionnement. « Nous l’avons fait en 2014, très fortement. Nous avions réussi, non sans mal. Mais aujourd’hui, on se retrouve devant une crise encore plus grande. »
« Ça veut dire aussi que les envies, les projets, il faut les réviser. Si on n’arrive pas à équilibrer le budget, on différera peut-être certains de nos investissements. Il ne faut pas entraîner la collectivité dans une situation dont elle aurait du mal à se remettre », a-t-il également averti.
Cela ne devrait pas concerner la Virgule, le projet de tiers lieu économique, près de la gare et contesté par certains défenseurs de l’environnement. La construction s’appuie sur des subventions et la recherche des entreprises a commencé, avec une publication au bulletin officiel des annonces des marchés publics fin septembre.
Quid de la maison de santé ?
Le projet de maison de santé, lui aussi attendu près de la gare, progresse bon an mal an. Un cabinet a été retenu fin août pour assurer l’assistance à maîtrise d’ouvrage jusqu’en décembre. « On sera alors en mesure de fournir un dossier complet sur l’adéquation entre l’offre et les besoins de l’équipe médicale pour le maître d’œuvre », a indiqué Daniel Chevalier, soulignant « la bonne entente » retrouvée avec les professionnels de santé.
Mais ça patine encore pour le poste de chargé de mission santé, un rôle clé pour accompagner la réalisation de ce dossier. Deux personnes ont retenu l’attention, mais une vient de signaler son refus. « Ce n’est plus nous qui choisissons parmi les candidats, mais eux qui choisissent parmi les employeurs », constate le président du Pays sabolien.
C’est aussi difficile de recruter au centre aquatique. Ces dernières semaines, les ouvertures sont erratiques à cause du manque de maîtres-nageurs sauveteurs. « Il y a des jours où Céline Piron (la nouvelle directrice des services éducation, culture, sports et loisirs) et Mélanie Duchemin (la directrice générale des services) ne dorment pas. Nous sommes contraints de fermer sans pouvoir prévenir à temps nos usagers. C’est très compliqué. On s’arrache les cheveux pour essayer de fournir ce service, en donnant la priorité aux scolaires et aux abonnés », plaide Daniel Chevalier.
Il a aussi eu un mot pour les employés de l’accueil, confrontés aux mécontentements des baigneurs. « C’est dur pour eux. Ils se font régulièrement enguirlander, mais ils n’y sont pour rien », a-t-il rappelé.