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Restructuration du groupe Valéo. Le site de La Suze-sur-Sarthe en difficulté... |
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Valéo à La Suze-sur-Sarthe, en activité partielle depuis début juin, produit, entre autres, des refroidisseurs de batteries électriques. La communauté de communes du Val de Sarthe et ses maires se sont réunis cette semaine. Des courriers ont été envoyés au président du Département et à la présidente de Région. © Ouest-France
L’équipementier automobile mondial, Valeo, poursuit ses restructurations annoncées en début d’année. La baisse d’activité sur le site de La Suze-sur-Sarthe (Sarthe), place l’usine et ses 270 salariés dans la tourmente.
Valéo, le mastodonte mondial de l’équipement automobile, se restructure. Le groupe fait face aux nouveaux enjeux liés aux mobilités durables. 400 emplois ont été récemment supprimés, essentiellement en île de France. Le site de La Suze-sur-Sarthe se retrouve, à son tour, plongé dans la tourmente.
Depuis, le 1er juillet 2024, le directeur de l’usine, Nicolas Fauris, est parti, nommé en région parisienne. Un directeur et un responsable ressources humaines, en CDD d’un an, « spécialisés dans les restructurations », sont arrivés. L’existence de l’usine de 270 salariés est menacée.
« Aucune solution du groupe »
Installés dans cette commune de 4 500 habitants depuis près de trente ans, les salariés ont multiplié les savoir-faire, se sont adaptés aux soubresauts de l’économie automobile, à coups de restructurations et de licenciements (2008). L’industrie comptait, à l’époque, 1 500 salariés.
« Depuis quelques années, les projets confiés au site de La Suze ne cessaient de baisser sans que le groupe ne cherche à le relancer », regrette l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, CFE-CGC.
Aujourd’hui, sortent des ateliers des refroidisseurs de batteries pour les voitures électriques et des radiateurs de chauffage. Stellantis (Peugeot, Fiat) et BMW sont les principaux clients. « Les voitures électriques se vendent plus mal que prévu. Pour le Français moyen, elles sont trop chères », analyse Christophe Plessis (CGT). Il fallait diminuer les coûts. Mieux placées grâce à leurs mains-d’œuvre moins onéreuses, les usines Valéo en Espagne et en Pologne absorberaient, désormais, la production sarthoise.
Mutations à Sablé-sur-Sarthe
Lors d’une rencontre entre la direction de Valéo Power-Diffusion et les délégués syndicaux, le 24 avril, « les dirigeants ont jugé la situation du site alarmante, avec un chiffre d’affaires en baisse ». Trois scénarios ont été évoqués : le renforcement du site par de nouvelles activités ; la diminution des effectifs et maintient de l’activité ; la fermeture définitive de l’usine. « Nous pensons qu’à la fin de l’année, la situation sera tranchée », avance l’intersyndicale.
Pour l’heure, pas de plan social avancé. Mais des propositions de mutations sur le site renforcé Valéo de Sablé-sur-Sarthe, à une trentaine de kilomètres. « Des compensations sous forme de primes et étalées dans le temps ne satisfont pas et sont en négociations. » Une demande de renouvellement d’activités partielles (APLD), jusqu’à fin 2024, est transmise à l’inspection du travail.