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Qui est Hélène Bertaux à l’honneur ce dimanche 16 juillet à Saint-Michel-de-Chavaignes... |
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Une partie de la stèle monumentale sous laquelle repose Hélène Bertaux, au cimetière de Saint-Michel-de-Chavaignes. © Le Maine Libre
La quatrième édition du symposium international de sculpture monumentale démarré samedi 8 juillet se poursuit jusqu’au 23 juillet. Ce dimanche 16 juillet 2023, c’est la sculptrice féministe Hélène Bertaux, qui est à l’honneur.
Depuis bientôt quinze ans, avec le symposium international de sculptures monumentales, le comité Mains d’art se charge d’élaborer un programme axé autour des métiers d’art mais aussi autour de l’œuvre de cette grande statuaire militante décédée en 1909 qui était quasiment tombée dans l’oubli
Au cimetière de Saint-Michel-de-Chavaignes
Décidant de quitter Paris pour la campagne, Hélène Bertaux débarque en Sarthe et séjourne durant une quinzaine d’années dans le château de Lassay à Saint-Michel-de-Chavaignes où elle décède en 1909 à l’âge de 84 ans :  Elle connaissait bien le fameux architecte de l’Opéra de Paris, Charles Garnier qui passait ses vacances chez sa grand-mère à Saint-Calais. Par son intermédiaire, elle aurait pu avoir découvert le château de Lassay où elle aménage une très belle verrière pour y installer son atelierÂ
rappelle le président, André Chambrier.
Pendant presque un siècle, elle repose au cimetière du village sous une stèle monumentale de trois mètres de hauteur, dans l’anonymat :  Jusqu’à ce que deux habitantes du village découvrent, par hasard, un ouvrage d’Édouard Lepage, Une conquête féministe : Mme Léon Bertaux. Comme ça se faisait à l’époque, elle signait toutes ses Å“uvres du nom de son mari.Â
La sculpture accessible aux femmes fin XIXe
Issue d’un milieu modeste, et formée au départ dans l’atelier de son beau-père, Hélène Bertaux veut offrir aux femmes attirées et intéressées par la pratique de la sculpture, un enseignement de qualité et financièrement abordable :  Elle ouvre des ateliers de modelage et de sculpture pour les femmes. Elle fonde l’Union des Femmes peintres et sculpteurs. Elle permet ainsi à ses consÅ“urs d’entrer enfin à l’École nationale des Beaux-arts de Paris dès 1897, puis de concourir au Prix de Rome.Â
Le plus ancien nu sculpté par une femme
En parallèle, elle honore de nombreuses commandes pour le décor d’édifices publics :  Pour des façades de l’Hôtel de Ville de Paris, deux frontons pour le nouveau Louvre, deux bustes pour l’opéra Garnier, une fontaine monumentale à Amiens.Â
Elle réalise aussi entre autres, une sculpture en bronze, Jeune gaulois prisonnier :  A une époque où les femmes n’avaient pas encore accès aux cours de nus et d’anatomie. Cette Å“uvre est sans doute l’un des plus anciens nus d’homme, non mythologique ou allégorique jamais sculpté par une femme.Â
Pour en savoir plus sur cette artiste militante, une conférence a lieu ce dimanche à 15 heures, à Saint-Michel-de-Chavaignes.
Le programme du jour
De 10 à 18 h, sur la base de loisirs : marché d’art et des métiers d’art (bijoux, poterie, travail du bois, du cuir, du verre…) avec des réalisations et démonstrations de savoir-faire variés.
Exposition des auteurs du Maine et du Loir et dédicaces avec la présence d’une douzaine d’auteurs.
À 15 h, dans la salle polyvalente de l’école, conférence par Le Perche sarthois, sur Hélène Bertaux, à partir de documents inédits.
Des expositions d’art sont également organisées au lieu-dit Les Églants et de vitraux lumineux à l’église, de 10 h à 18 h.
Jusqu’au 23 juillet, sur le site du gîte de la Métairie, quatre sculpteurs internationaux travaillent devant le public.