|
Procès Fillon. « Penelope a relu tous les discours » : François Fillon défend le travail de sa femme... |
1
François Fillon à son arrivée au tribunal correctionnel à Paris le 27 février 2020. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
L’ex-Premier ministre a été entendu ce jeudi 27 février à la barre du tribunal correctionnel, où il est jugé pour détournement de fonds publics dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs d’assistante parlementaire de son épouse, Penelope. Il a défendu la réalité de ses missions et tout l’intérêt de son travail en circonscription.
« On a tous les deux plongé dans un mode de vie qui s’apparente un peu à un sacerdoce, sept jours sur sept, 365 jours par an. »
François Fillon a confirmé à la barre du tribunal ce jeudi 27 février que son épouse Penelope a été « sa première et plus proche collaboratrice »
dans la Sarthe. Répétant que dès son premier mandat de député, en 1981, il a fallu qu’il s’investisse « localement. Ce qu’on a essayé de faire ensemble avec Penelope. »
Interrogé sur les missions données à sa femme, il explique : « Je lui ai demandé de superviser mon agenda […] Grâce à elle, j’avais les éléments pour des interventions précises lors de manifestations locales. […] Moi qui ne suis pas extraordinairement patient, je comptais sur elle pour écouter les gens. […] Elle recevait ceux qui souhaitaient me rencontrer, surtout lorsque, trop pris par mes activités à Paris, j’ai arrêté les permanences parlementaires »
dans la Sarthe.
« Chaque discours relu par Penelope »
Aux questions de la présidente, il répond avec détermination et en profite même parfois pour appuyer les propos de sa femme avant lui : « Il n’y a pas, insiste-t-il, un seul discours prononcé dans ma carrière qui n’a pas été relu par Penelope. Elle corrige les fautes et donne son avis. »
Sur les rémunérations différentes au fil des années pour le travail d’assistance parlementaire, il précise que « c’était la variable d’ajustement par rapport à l’enveloppe disponible. Il y a des moments où j’avais besoin de plus de collaborateurs que d’autres »
. Dans tous les cas, « elle a été rémunérée selon les règles de l’assemblée nationale. »
« Garder l’option d’un retour dans la Sarthe » en 2012
Pourquoi a-t-elle poursuivi ce rôle à partir de 2012, quand il est élu député de Paris ?, demande encore la présidente. « D’abord j’étais toujours élu local, président de la communauté de communes de Sablé, précise François Fillon. Ensuite quand j’ai quitté Matignon, j’ai hésité à m’engager dans une carrière professionnelle différente ou préparer une candidature à l’élection présidentielle »
N’étant sûr de rien, il dit avoir « décidé de garder l’option d’un retour dans la Sarthe, c’est pourquoi elle a continué à assurer la relation avec ce département. »
Aux questions du procureur, qui revient à son tour sur les congés maternité pas posés par Penelope Fillon, les missions qui lui étaient confiées… L’ancien Premier ministre n’hésite pas non plus à se faire plus offensif, rappelant des choix personnels qui « regardent uniquement »
sa famille ou professionnels qui « ne regardent pas la justice ». Cette dernière ne « peut pas s’immiscer dans le travail législatif du parlementaire, son fonctionnement et son travail », assène-t-il.