|
Pourquoi Crannes-en-Champagne vaut le détour... |
6
Un petit jardin bucolique accueillait les mariages, en été, jusqu’en 2006. © OUEST FRANCE
C’est un petit village méconnu, situé entre Sablé-sur-Sarthe et Le Mans. Si aujourd’hui, il ne compte plus que 370 habitants, il est riche d’un patrimoine bâti remarquable et d’une histoire peu commune.
Pour son patrimoine
Quand on arpente les ruelles de Crannes-en-Champagne, on ne peut s’empêcher de lever la tête vers les belles façades en pierre. Un patrimoine bâti homogène et luxueux pour la taille de la commune (1 200 ha). « À la fin du XIXe siècle, Crannes abritait la plus importante carrière de pierre calcaire du département, explique Pascal Parigot, guide habitant et adjoint au maire. C’est d’ailleurs ce qui lui a donné son nom, puisque Crannes (Cairn) signifie tas de pierre. »
Pour son histoire
À son apogée, la commune comptait treize auberges et de nombreux artisans ! Une situation économique difficile à croire quand on sait qu’aujourd’hui il n’y a plus un seul commerce… « Avant la construction de la route royale, en 1763, Crannes bénéficiait d’une situation privilégiée car elle se situait sur le chemin qui allait du Mans vers la Bretagne, détaille Pascal Parigot. Autre argument pour les passants : le village produisait son propre vin car la terre, très riche, était idéale pour faire pousser des vignes ! »
Contrairement à beaucoup de communes, Crannes n’appartenait pas à une seigneurie mais à l’abbaye du Pré, au Mans. Ce sont les abbesses qui ont construit la petite chapelle Notre-Dame de la Pitié Dieu sur la route de Fay, au XVe siècle. « Ainsi les pèlerins ne rentraient pas directement dans les troquets du village, sourit Pascal Parigot. En passant, ils priaient et versaient l’obole pour faire vivre la paroisse. »
Pour son lavoir animé
En contrebas du pont qui surplombe La Gée, le lavoir propose de faire un saut dans le passé. Grâce à un enregistrement, qui met en scène deux laveuses, les passants se retrouvent à l’époque des buées. « Le lavoir a été construit vers 1875 et a servi jusque dans les années 1970. »
Pour ses vitraux d’exception
L’église Saint-Cyr et Saint-Juliette abrite les œuvres d’un artiste contemporain reconnu : Thibaut de Reimpré, le propriétaire du château de Mirail. En 2010, alors que trois vitraux ont été détruits, la municipalité lance un concours auprès de peintres-vitraillistes. L’artiste local, qui est peintre mais pas vitrailliste, est plébiscité par les habitants face à des dizaines d’artisans. Il a collaboré avec un professionnel du Maine-et-Loire pour obtenir ce résultat.
Pour son île bucolique
Au cœur du village, le petit jardin public, situé à l’abri des regards, a vu de nombreuses promenades et de nombreux… mariages. « Jusqu’en 2006, la mairie se délocalisait sur l’île de Crannes, le temps de la cérémonie. »