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Pour la première fois depuis fin 2024, la dette publique française est repartie à la baisse au 4e trimestre 2025... |
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Antoine Deruennes, le directeur général de l’Agence France Trésor, qui est chargée de gérer la dette de la France, en mai 2025. © STÉPHANE GEUFROI / ARCHIVES OUEST-FRANCE
L’Insee a dévoilé ce vendredi 27 mars ses dernières données concernant le niveau de la dette publique française. Il en ressort qu’à la fin de l’année 2025, celle-ci a atteint 115,6 % du PIB, contre 117,4 % au trimestre précédent.
La dette publique française, qui englobe celle de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, représentait 115,6 % du PIB à la fin du 4e trimestre 2025, a annoncé l’Insee ce vendredi 27 mars 2026. Au total, la France cumulait donc en fin d’année 2025 une dette de 3 460,5 milliards d’euros. Ce chiffre est inférieur à celui du 3e trimestre, quand la dette atteignait 117,2 % du PIB.Â
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué sur X des chiffres « meilleurs que prévus » et affirmé qu’il envisageait « avec prudence » de passer « sous les 5 % » de déficit public en 2026.
Déficit 2025 à 5,1 %, contre 5,4 % envisagé, meilleur que prévu.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) March 27, 2026
Dépenses publiques maîtrisées.
Plus de sérieux, sans pour autant casser le modèle social et la croissance.
Quand on tient une ligne simple — sérieux, stabilité, maîtrise — les comptes s’améliorent sans brutalité.…
Le niveau enregistré fin 2025 s’éloigne du record du premier trimestre 2021. À l’époque, pandémie de Covid-19 oblige, la dette publique française avait atteint 117,8 % du PIB, contre 98,2 % à la fin de l’année 2019.
Une progression importante qui était notamment une conséquence des importantes dépenses réalisées dans le cadre du « quoi qu’il en coûte ».
De récents dérapages budgétaires
Après le point haut atteint en début d’année 2021, la dette publique française a reflué jusqu’en fin d’année 2023, date à laquelle elle était redescendue à 109,8 % du PIB.
Puis, en 2024 et 2025, la dette est repartie à la hausse. La faute, entre autres, à des recettes qui ont été moins élevées que celles initialement prévues par le ministère des Finances puis à des discussions budgétaires qui, dans un paysage parlementaire très fragmenté, ont réduit certaines économies initialement envisagées. Ces éléments sont venus nourrir des déficits publics élevés (5,8 % en 2024, 5,4 % en 2025), qui ont ensuite fait grossir la dette publique française.
Une charge de la dette de plus en plus importante
Cette dette de plus en plus importante va alourdir ce que les spécialistes appellent la « charge de la dette », à savoir le total des intérêts que la France doit payer chaque année pour emprunter ou renouveler ses emprunts arrivant à échéance (puisque la dette française est « tournante », des emprunts étant très régulièrement contractés pour remplacer ceux arrivant à leur terme).
Cette charge de la dette, qui représente environ 60 milliards d’euros en 2025, devrait encore augmenter en 2026, du fait de la hausse des taux d’intérêt. Les taux que les investisseurs demandent à la France pour lui prêter de l’argent pendant 10 ans ont ainsi dépassé en ce mois de mars 3,7 %, un niveau inédit depuis la crise de 2008-2009. Ces taux augmentent dans tous les pays développés mais touchent plus particulièrement la France, qui est plus endettée que nombre de ses voisins.