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PORTRAIT. Denis Lambert, patron de LDC, passe la main : un chef de terrain à l’esprit d’équipe

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photo  denis lambert dans son bureau au siège du groupe à sablé-sur-sarthe, en 2020.  ©  photo le maine libre - denis lambert 2

Denis Lambert dans son bureau au siège du groupe à Sablé-sur-Sarthe, en 2020. © Photo Le Maine Libre - Denis Lambert

PDG du groupe LDC depuis 2001, Denis Lambert, 64 ans, quitte la présidence du directoire ce jeudi 24 août 2023. Fils du cofondateur de l’entreprise familiale de Sablé-sur-Sarthe, devenue numéro 1 de la volaille en France, il passe le relais à Philippe Gélin. En 2020, Le Maine Libre avait consacré un dossier à cette figure du paysage économique sarthois que la rédaction vous propose de redécouvrir.

LDC est une part de lui-même. Comme deux entités indissociables. Le patron de la société agroalimentaire fondée à Sablé-sur-Sarthe en 1968 ne peut décidément pas parler de lui sans qu’il ne soit rapidement question de son entreprise. Son « bébé » , son sixième enfant en somme, celui qui lui réclame de loin le plus d’attention depuis près de 40 ans.

Comme un penchant naturel, Denis Lambert est nettement plus rompu à l’exercice que lorsqu’il s’agit d’évoquer sa personnalité, sa vie en dehors de LDC, aussi restreinte soit-elle.

Plus simple que discret

 Ce qui est important, c’est le groupe, pas moi. J’adore ce que je fais. Je suis concentré sur l’entreprise. J’aime quand LDC fonctionne bien, ça suffit à mon bonheur , justifie-t-il après nous avoir accueillis dans son sobre et grand bureau, perché en haut du siège social du groupe à Sablé.

Le patron de LDC réfute son image d’homme discret.  Je n’ai pas l’impression d’être si discret que ça. On peut me voir, me parler. Cela dit, quand j’étais gamin, j’étais beaucoup plus timide  reconnaît-il.

 Le roi du poulet  n’est pas de ces patrons qui en imposent par leur carrure ou leur autorité naturelle. Il serait plutôt à classer parmi les stratèges. Joueur dans l’âme, l’homme n’en reste pas moins affable, naturellement accessible et manie aisément l’humour.  Je pense être quelqu’un de normal mais je suis tenace. Je n’aime pas perdre, c’est le côté sportif. Et dans les affaires, c’est un peu pareil. 

Loi du marché et humilité

Son sens des affaires lui a permis de développer une firme d’ampleur internationale à coups de croissances externes. LDC est aujourd’hui fort d’un chiffre d’affaires de quatre milliards d’euros et de plus de 20 000 salariés répartis sur 77 sites de production en Europe. Ne lui parlez pourtant pas d’un  empire .

 Il existe des entreprises dans la volaille beaucoup plus grande que la nôtre en Europe, défend-il. Or le marché de la volaille est européen. 40 % du poulet consommé en France est importé ». 

LDC serait condamné à grossir, encore et toujours ?  Je préfère dire condamné à grandir, corrige-t-il.  C ar il faut rester agile pour toujours s’adapter aux changements. » »  Et sur un marché de grande consommation, c’est ceux qui rachètent les autres qui restent. 

L’entrepreneur de terrain n’en oublie surtout pas de demeurer modeste et prudent.  Quand je suis entré chez LDC en 1981, nous étions le numéro huit ou neuf de la volaille en France. Les premiers, c’était Doux, Bourgoin et Unicopa. Ils ne sont plus là aujourd’hui. Donc nous gardons les pieds sur terre. 

Esprit d’équipe

Mais que reste-t-il aujourd’hui de l’esprit de la petite entreprise originelle d’abattage de volailles ? Denis Lambert entend pourtant parvenir à le préserver.

 C’est un pari un peu irréel. J’essaye de faire le tour de tous nos sites de production au moins tous les deux ans. Sur les 3 000 salariés à Sablé, j’en connais encore pas mal. Mais ce n’est plus le patron en train de travailler avec ses salariés dans l’atelier, c’est certain , convient-il.

Le boss de LDC s’inscrit à l’opposé du patron solitaire. Sa mission de chef, il la conçoit collective.  C’est un travail d’équipe avant tout. Je ne suis pas tout seul à diriger le groupe. Quand on a des doutes, des craintes, il faut avoir une équipe avec qui en parler. Et j’ai la chance d’avoir une équipe de collaborateurs stable et solide. 

La méthode Denis Lambert se veut pragmatique, proche du terrain.  Quand j’ai un problème, je prends l’avis des gens directement concernés, qui savent le mieux ce qui se passe dans les ateliers. Je n’écoute pas que la voix hiérarchique. Ça aide à prendre les bonnes décisions. C’est très important d’être disponible et à l’écoute. Je demande la même chose à mes directeurs. 

Fortune modeste

L’humilité comme valeur fondamentale, Denis Lambert l’applique de la même manière à son train de vie, sans Rolex au poignet ni voiture de luxe au garage.

 Je serai riche quand j’aurai vendu l’entreprise , tempère-t-il. Avant d’admettre très simplement :  Je ne suis pas malheureux évidemment. Mon salaire est public. Tout compris, ça doit faire 300 000 € (NDLR par an) 

 C’est beaucoup vous trouvez ?  interroge-t-il sans feindre une certaine insouciance. L’argent n’est pas ce qui mène le chef d’entreprise sarthois.  Pour l’instant, je ne m’en occupe pas, j’ai mis ça dans des banques. On verra à la retraite. J’ai été élevé avec des valeurs simples , souligne-t-il par réflexe.

Sport, voyages et cuisine… au poulet

Totalement dévoué à son entreprise, l’industriel sabolien n’accorde que peu de temps à sa vie privée.

 Mon père a prévenu ma femme avant le mariage qu’elle ne me verrait pas souvent, s’en amuse-t-il. J’arrive au bureau à 7 heures le matin et quand je rentre le soir, il est 20 heures. Je suis vanné. Je donne tout au travail. 

Le temps libre se limite aux week-ends,  du samedi midi au dimanche soir  et aux vacances tout de même.  C’est indispensable. Je voyage un peu. J’aime préparer nos séjours moi-même en réservant tout sur internet. 

Mais son exutoire favori reste le sport.  La course à pied, le vélo… J’ai fait 20 marathons, un par an en moyenne. 

Les valeurs sportives, il les doit à son père Rémy. Le foot surtout, a toujours occupé une place importante dans la famille Lambert.  Le dimanche, on jouait avec mes frères à l’Étoile sabolienne (le Sablé FC aujourd’hui). Le midi, on regardait Téléfoot. L’après-midi, on allait voir jouer l’équipe première. Et en fin de journée, on rentrait pour regarder Stade 2 .

Le reste de son temps disponible, Denis Lambert aime le consacrer à préparer de bons petits plats… à base de poulet forcément !

 C’est vraiment mon plat préféré. Ce n’est pas une blague ! J’ai plein de bonnes recettes. Accompagné de légumes de saison, de crème et de morilles, aromatisé aux herbes ou cuit à la vapeur, il cuisine le poulet à toutes les sauces. À la manière d’un grand chef.

Denis Lambert a seulement 21 ans lorsqu’il intègre l’entreprise familiale en 1981.  J’ai commencé sur le quai d’expéditions. Il fallait charger les camions et je m’occupais des relations avec les transporteurs , raconte-t-il.

Recalé à l’oral d’entrée de l’Esca d’Angers (école de commerce), il est titulaire d’un DUT de gestion obtenu au Mans. Il a 23 ans au décès de son père. Devenu président, Gérard Chancereul lui confie le poste de directeur commercial.

 Je ne pensais pas être fait pour ça. Mais il ne m’a pas laissé le choix, se souvient-il. Chaque fois que je le revois à présent, je le remercie. Le commerce, c’est le nerf de la guerre. Ça me sert encore aujourd’hui. 

19 ans plus tard, le président le désignera comme son successeur à la tête du groupe. Pourquoi lui ? « J’étais le fils aîné de l’actionnaire majoritaire et le commerce était le plus important pour Monsieur Chancereul. Donc j’avais les bons critères et sa confiance. »

photo après le départ de denis lambert, philippe gélin (au deuxième plan) devient officiellement le nouveau patron.  ©  archives le maine libre – denis lambert

Après le départ de Denis Lambert, Philippe Gélin (au deuxième plan) devient officiellement le nouveau patron. archives Le Maine Libre – Denis LAMBERT

Journaliste sportif, cuisinier ou prof d’histoire

Au sortir d’un MBA (Master of Business Administration) à HEC validé en alternance, Denis Lambert devient ainsi PDG de LDC, à tout juste 42 ans.

Rien n’était cependant écrit à l’avance pour le chef d’entreprise sabolien.  Pas mal de gens pensaient que je me planterais.   Personne ne s’imaginait que LDC deviendrait ce que c’est devenu. Moi le premier. Avant de rentrer dans l’entreprise, je voulais faire journaliste sportif, cuisinier ou professeur d’histoire. Et puis, les hasards de la vie ont fait que… 

 
Alexis BABIN    Maine Libre  

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