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PORTRAIT. Claude Saussereau, l’instit qui est aussi un cinéaste... |
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Claude Saussereau est professeur des écoles et cinéaste. © Ouest-France
La sortie de son dernier long-métrage, Le cygne des héros, a de nouveau été reportée au 12 janvier prochain. Un film 100 % sarthois.
La machine volante du Cygne des héros est posée dans le jardin de la longère familiale. Près des bois, en pleine campagne, à quelques kilomètres de Challes (Sarthe). J’y étais le directeur de l’école pendant dix ans
, raconte Claude Saussereau. À la maison, ses trois grands enfants se sont retrouvés pour les fêtes. Il règne une douce chaleur familiale chez les Saussereau.
À 52 ans, l’instit n’est plus directeur. Au bout d’un moment, je n’avais plus le temps.
Car à l’époque de l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), celui qui a grandi entre Saint-Calais et Vibraye découvre la vidéo avec le réalisateur Gilles Cousin. Il faut bien imaginer que c’était un autre monde. On avait à peine Internet !
Le maître d’école mène des projets avec des élèves, et je ne me suis jamais arrêté en fait !
Petites lunettes, barbe de quelques jours, sourire franc, voix posée. Claude Saussereau incarne le charisme de l’instituteur et du cinéaste passionné.
Le bruit des modems
À la fin des années 1990, quand les modems faisaient encore du bruit pour se rallier à la toile du réseau Internet, Claude Saussereau réalise ses premiers courts-métrages. En 2004, il lance le premier festival sarthois dédié au genre. On recevait encore des cassettes VHS !
Il rit. Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Et l’envie grandit d’un long-métrage. Demain ce sera bien sort en 2012 et le prof se replonge dans l’écriture. Un truc manque, ce qui le pousse à suivre une année de formation scénario en 2015. J’ai repris le mien
, et les sept semaines de l’été 2018, il tourne enfin l’intégralité des scènes en Sarthe, à deux pas de chez lui, à Volnay et Écorpain et dans le Nord-Sarthe, aux Mées.
Bam, c’est le drame !
Ses acteurs ? Des Sarthois !
Raphaël Almosni et les enfants Rachel Nasschaert et Paul Linte. Que des Sarthois. D’ailleurs, sur l’affiche, pas de doute possible : Le cygne des héros est 100 % made in Sarthe. Quelques tournages aériens et plans larges et le montage du film est fini en décembre 2019.
La première a lieu début mars 2020. Et bam ! Confinement. Ça a été le début de la galère.
Car le film n’est finalement toujours pas sorti en salles. Nous avons fait des avant-premières qui ont bien marché. J’ai revu des profs de mon ancien collège, d’anciens camarades dont j’avais perdu la trace. Les gens, les Sarthois sont au rendez-vous. »
Synopsis
Une enfant à la recherche de son père découvre par hasard que son nouveau voisin porte un bracelet électronique à la cheville. Pensant avoir affaire à un superhéros, l’enfant met tout en œuvre pour gagner la confiance de celui-ci afin qu’il l’aide à retrouver son père.
Bientôt un nouveau film
De confinement en confinement, Le Cygne des héros en est à sa troisième date de sortie nationale, sauf à Paris, c’est une stratégie du distributeur
. La nouvelle est fixée le 12 janvier 2022, dans plusieurs cinémas de la Sarthe, aux Cinéastes évidemment et peut-être au CGR
. Il y a un embouteillage. Alors que c’est un film tout public, on se retrouve surtout en art et essai, car les directeurs veulent absolument nous défendre.
Les épidémies ne se prêtent pas aux faiseurs de rêves. Ils sont pourtant indispensables pour nous évader du climat pesant depuis deux ans. Claude Saussereau a décidé de ne pas laisser ses batteries s’épuiser. Il est déjà sur un nouveau long-métrage, dont la distribution a été confiée à Bertrand Guéry. La prochaine étape pour l’instit est de pouvoir prendre un peu de distance avec l’école. L’idéal serait d’obtenir un mi-temps annualisé. Je pourrais continuer à faire classe et l’autre partie du temps à tourner. Ce sont mes deux grandes passions.