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Portable en pause dans les collèges : qui finance ?... |
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Ce sont les 6e qui ont expérimenté le dépôt de leur téléphone dans des mallettes l’année dernière au collège Bollée à Mulsanne. Cette année, un autre niveau sera concerné. © Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Outre le manque de ressources humaines pour assurer la mise en place de la mesure Portable en pause dans tous les collèges français depuis la rentrée de septembre 2025, les établissements manquent d’argent.
Si les chefs d’établissement soutiennent la mesure Portable en pause qui est un bon sens
, beaucoup s’interrogent sur la façon de la mettre en place et surtout de la financer. La mesure a été prise sans concertation avec les collèges, ni avec le Département, qui en a la compétence.
Les mallettes, c’était faisable sur un niveau de classe mais impossible à gérer pour tous nos élèves
, remarque Mickaël Fouyet, le principal du collège Bollée à Mulsanne. C’est chronophage et cela nécessite une présence humaine matin et soir, ainsi que le midi pour les externes, que nous n’avons pas
.
D’autres outils existent, comme les casiers avec un espace conçu pour le portable, ou encore des pochettes qui ne s’ouvrent qu’après démagnétisation à une borne. Mais cela a un coût que nous ne pouvons pas supporter et que nous ne voulons pas faire supporter aux familles.
Pour ses 400 élèves, la note monterait à plus de 4 000 €. Il faudrait rogner sur les sorties et les voyages scolaires, les projets pédagogiques… nous n’y sommes pas favorables
.
Les montres connectées aussi concernées
Le collège Bollée a donc fait le choix de conserver les mallettes déjà acquises pour un niveau scolaire. Les autres niveaux devront mettre leur téléphone éteint dans leur casier ou au fond de leur sac
. Le principal engage par ailleurs les familles dans le règlement intérieur qui a été revu. Nous y avons notamment ajouté l’interdiction des montres connectées
.
Du côté du Département, pas question de financer une telle mesure qui s’élèverait à 500 000 € pour l’ensemble des 28 000 collégiens sarthois
, calcule Anthony Trifaut, vice-président en charge de l’Éducation. Il n’y a eu aucun bilan au niveau national
de l’expérimentation faite l’an dernier, poursuit-il. J’entends que l’État nous demande de lui redonner de l’argent pour participer à la baisse de la dette. Mais qu’il arrête de nous demander des dépenses supplémentaires
. Surtout quand le code de l’Éducation interdit déjà l’utilisation du portable dans les établissements scolaires, tout comme les collèges dans leur règlement intérieur. Je préfère que cet argent serve à autre chose, comme l’aménagement d’espaces pédagogiques dans les établissements
.
Responsabiliser les parents
Si Anthony Trifaut partage les problématiques liées à l’utilisation des écrans et notamment des dérives qu’elle peut avoir à travers les réseaux sociaux, il estime que ce sont aux parents de responsabiliser leurs enfants à ce sujet. Quand on confie un portable à ses enfants, il faut lui en expliquer les règles d’utilisation et les dangers possibles.