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Poncé-sur-le-Loir. Un projet alternatif aux Moulins de Paillard pour « faire revenir le public »... |
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Six des neuf porteurs du projet posent sur la future voie verte en vue de l’église et du château. © Le Maine Libre
Le bail de l’association qui gère les Moulins de Paillard arrive à son terme. D’autres porteurs de projet proposent « La Grande turbine du Loir ». Une dizaine d’emplois seraient créés.
Le terme du bail de l’association en place depuis douze ans approche. Un collectif s’est constitué pour proposer à la communauté de communes et aux habitants un projet de tiers lieu qui ferait la part belle à l’art et aux échanges à tout point de vue.
Céramique, verrerie, microbrasserie…
Un atelier de céramique pour les scolaires en décrochage, un pôle verrier de recherche et de création, des décors sur matériaux recyclés, une galerie d’art professionnelle mais aussi une microbrasserie, un café associatif, une épicerie écoresponsable, des concerts et autres événements festifs… Le projet de La Grande turbine du Loir entend « faire revenir le grand public aux Moulins de Paillard et mettre davantage le site en partage » avec, à la clé, une dizaine d’emplois créés.
4 000 m² de surfaces intérieures
Il serait, en outre, mené dans un souci de réduction d’impact sur l’environnement, avec l’objectif de devenir autonome au plan énergétique, grâce à l’hydroélectricité.
« C’est un lieu magnifique entre le Loir et la future voie verte, il y a assez de place pour deux projets », expliquent Lola Bornand et Caroline Picaud, deux ex-Parisiennes venues vivre à Poncé, porte-parole du collectif. « Il faut rappeler qu’il appartient à tous les habitants du territoire et qu’il y a plus de 4 000 m2 de surfaces intérieures ! »
Sur la voie verte
Aujourd’hui, personne ne semble contester qu’un partage des lieux est possible. Il est même souhaité par les habitants eux-mêmes. « Je suis enthousiasmé par ce projet qui ferait revenir le grand public à Paillard », réagit Patrick Ouvrard, par ailleurs président de l’Association du patrimoine… « J’ai fréquenté le site les premières années mais ça ne correspond pas à l’idée que je me fais de l’art. Tout le monde doit pouvoir accéder à ce patrimoine dont l’usage est trop souvent refusé aux Poncéens, par exemple pour des pièces de théâtre comme ce fut le cas pour Molière ou Giono. La voie verte est une occasion rêvée ! »
Alain Sevault, ancien adjoint au maire avant le regroupement en commune nouvelle, aimerait que « les comptes soient publiés, accessibles au public : on n’a pas d’information sur ce que ça coûte aux contribuables depuis toutes ces années, sur ce que la Drac donne comme subvention. »
Le nouveau projet ne ferait pas appel à l’argent public de la même façon. « Nous sommes sept entités indépendantes mais l’association que nous formons pourra solliciter certaines aides selon les projets, c’est encore à définir » précise le collectif.
« Faire de l’excellence »
Ancien maire de Poncé, Guy de Malherbe, lui-même artiste, affirme qu’il serait « désolé que ça ne reste pas un lieu d’art contemporain » mais argumente pour « un accueil plus souple du public qui doit se sentir bienvenu… Or, ce n’est pas toujours le cas. L’association de Shelly de Vito et James Porter vit de subventions ; je comprends qu’ils aient une programmation très rigoureuse pour rester crédibles aux yeux de la Drac mais ils devraient faire un effort pour ouvrir davantage le lieu. Les scolaires qui sont accueillis, par exemple, ne viennent que parce qu’on les y amène. »
Lors d’une visite récente de la députée Pascale Fontenel-Personne, la directrice artistique actuelle de Paillard expliquait de bonne foi vouloir « faire de l’excellence pour tout le monde, sans être élitiste. » La députée, en campagne pour le parti LREM et les législatives, affichait alors clairement son soutien à « ce projet audacieux » tout en suggérant « quelque chose de plus accessible pour amener les visiteurs à découvrir le lieu ».
« Nous finalisons notre projet à long terme avec la communauté de communes », indique Shelly de Vito qui en dira sans doute plus à l’occasion de la prochaine assemblée générale de son association, en avril 2022. Les élus en parleront jeudi 24 février 2022.
Lien du projet alternatif : contact@lagrandeturbineduloir.com