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«Plus je vieillis, plus la vie est belle»: en Sarthe, la chercheuse et le retraité racontent la vieillesse dans un livre... |
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Véronique Cayado, docteure en psychologie, et Hilaire Bodin, retraité militant, publient un livre sous forme de dialogue pour tordre le cou aux clichés sur le vieillissement. © Ouest-France
Véronique Cayado, docteure en psychologie, et Hilaire Bodin, retraité militant, publient un livre qui explore, sous forme de dialogue, notre rapport au vieillissement. Basé sur l’expérience et l’expertise des auteurs, cet ouvrage optimiste invite à changer de regard sur les personnes âgées, souvent infantilisées.
«Faim de vie». C’est le titre d’un ouvrage sur la vieillesse signé par deux Sarthois : Véronique Cayado, 47 ans, et Hilaire Bodin, 79 ans. La première est docteure en psychologie, spécialisée dans l’étude du vieillissement au Lab Autonomia, centre de recherches du groupe Ouicare, leader français des services à domicile, dont le siège se trouve au Mans. Le second, ancien président de l’association d’insertion Tarmac, milite au sein du conseil national autoproclamé de la vieillesse. Son credo : lutter contre l’âgisme, les discriminations et stéréotypes liés à l’âge.
Transformation du corps et peur de la mort
Originalité du livre : il se divise en deux parties, sous forme d’entretien réciproque. Véronique pose des questions à Hilaire. Et vice-versa. Sans tabou, les deux complices abordent des thèmes sensibles : isolement, rupture, vieillissement au féminin, perte d’autonomie, refus de l’aide, inégalités sociales, montant des retraites, politiques publiques… Mais aussi des aspects plus intimes, comme la transformation du corps ou la peur de la mort.
« Sortir du regard invalidant »
Leur fil rouge ?  Sortir du regard disqualifiant, invalidant, pour accepter d’être ce qu’on estÂ
, résume Véronique Cayado, qui déplore des  projectionsÂ
 :  On regarde beaucoup les personnes âgées à travers le prisme du déclin, de l’incapacité. Un mécanisme pas forcément conscient, y compris chez les personnes âgées elles-mêmes, qui intériorisent cette vision.Â
« Plus je vieillis, plus la vie est belle »
Hilaire Bodin veut aussi casser l’image d’une  masse uniforme et infantiliséeÂ
, marquée par une forme de résignation ou de tristesse :  Je défends une idée joyeuse de la vieillesse. Plus je vieillis, plus la vie est belle.Â
Le retraité pas en retrait, qui a côtoyé une kyrielle de personnes en fin de vie via l’association Jalmav, souligne l’importance d’exister  sans la béquille du passé, de l’ancien titre professionnelÂ
.
Pour la chercheuse comme pour le militant, le vieillissement s’apparente à une  métamorphoseÂ
où il faut  apprendre à perdreÂ
. Mais aussi à gagner :  Je n’ai jamais été aussi libreÂ
, s’enthousiasme Hilaire Bodin, avide de  donner un sensÂ
à la vie :  C’est comme escalader une montagne : plus on monte, plus la perspective est belle.Â
Faim de vie , de Véronique Cayado et Hilaire Bodin, éditions du Palio, 105p, 17 €.