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Petite cité de caractère. Montmirail, joyau du Perche sarthois... |
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Frédérique Caron-Lambert nous fait visiter Montmirail avec des représentations de la cité au Moyen-Âge. © Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Cet été, Le Maine Libre vous propose de découvrir les petites cités de caractère. À quelques kilomètres de La Ferté-Bernard, la petite cité de Montmirail surplombe toute la vallée du Perche.
Dans les rues de ce village d’à peine plus de 400 âmes, nous sommes guidées par une étudiante en patrimoine à l’Université du Maine, Frédérique Caron-Lambert.
L’ombre qui plane sur la cité
Avec un point culminant à 250 m, le château de Montmirail domine toute la vallée percheronne. D’ailleurs, le nom de la ville vient de là . Montmirail vient de « mon mirabilis » en latin, littéralement « le mont d’où l’on admire ». Selon notre guide, du haut de la tour du château, on aurait une vue panoramique jusqu’à 60 km sur la vallée.

Du haut de cette tour, le guetteur pouvait avoir une vue « jusqu’à 60 km » sur la vallée. Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
À l’origine, le château est médiéval. Les premières traces remontent au XIe siècle. Mais ayant été détruit à de multiples reprises depuis, l’édifice encore debout à l’heure actuelle date de la Renaissance. Il a d’ailleurs appartenu un temps à la princesse de Conty, fille de Louis XIV.
Mais c’est bien le Moyen-Âge qui signe l’âge d’or de Montmirail. Le premier seigneur marquant du domaine, Guillaume Goué (au XIe siècle) avait épousé la fille du roi d’Angleterre. Et c’est son fils, Guillaume II Goué, qui crée la première forteresse à Montmirail. Cette dernière est finalement détruite par Richard Cœur de Lion, au cours des luttes incessantes qui ont opposé le royaume de France et le royaume d’Angleterre sur cette période. Son père, Henri II Plantagenêt, était d’ailleurs venu rencontrer le roi de France, Louis VII, ici à Montmirail.
La dernière utilité militaire du château remonte à la guerre de Cent Ans, qui opposa la France à l’Angleterre entre 1337 et 1453. Il a d’ailleurs été une nouvelle fois détruit à cette période, avant d’être reconstruit, mais sans la fonction défensive.
À noter par ailleurs le travail de bénévoles aujourd’hui, qui ont créé un chemin avec des barrières en bois autour du rempart sud, pour pouvoir le voir de l’extérieur. Ainsi, les visiteurs pourront notamment admirer les « bouches à feu », vestiges de cette période guerrière pour Montmirail.
L’église, joyau de la cité
La première église de Montmirail a été bâtie au VIe siècle, au moment de l’évangélisation de la région. Mais comme pour le château, l’église actuelle est plus récente. Notre-Dame de L’Assomption date du XVe siècle, et elle est aussi classée comme monument historique. D’un point de vue architectural, elle se situe à mi-chemin entre le gothique flamboyant et le style renaissance.

Le retable de l’église de Montmirail est classé comme monument historique. Archives Le Maine Libre
Si elle n’est pas forcément très impressionnante de l’extérieur, ses plus grands trésors se trouvent, une fois les portes ouvertes. On y compte en effet quatre éléments classés. En premier lieu, le reliquaire de Marie de Melun, femme de Jean de Bruges, seigneur de Montmirail jusqu’à sa mort en 1512. Leur union est d’ailleurs représentée sur un vitrail dans le chœur, lui aussi classé. Le reliquaire contenait donc le cœur de la femme, morte en 1552. En face du reliquaire se trouve une pieta en bois, qui est aussi classée. Enfin, le retable du XVIIe siècle, également présent dans le chœur constitue le dernier trésor de l’église Notre-Dame de L’Assomption de Montmirail.
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Le grenier à sel
Il a été créé en 1518. Les habitants du bourg devaient payer au seigneur une certaine quantité de sel à partir de l’âge de 8 ans. Il a ensuite été transformé en école de filles à la fin du XIXe siècle, puis en presbytère jusqu’à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. Aujourd’hui, c’est une habitation dans le village qui peut s’admirer de l’extérieur.
L’ancienne chapelle Saint-Gervais
Sa particularité, c’est qu’elle était située hors des enceintes de la ville. À partir de 1612, elle est devenue la chapelle d’un collège. Et aujourd’hui, elle s’est aussi transformée en habitation, comme le grenier à sel. Vous pourrez notamment remarquer la forme arrondie d’une des extrémités, là où se tenait avant le chœur de la chapelle.
L’Hôtel-Dieu
Il fut fondé en 1628 par maître Claude de Moulin, avant d’être reconstruit au XVIIIe siècle. Il a ensuite été tenu par des sœurs, et est resté actif jusqu’en 1983. Son activité était forte notamment pendant les deux guerres mondiales. Mais le bâtiment est aujourd’hui abandonné et il sert de débarras.
La maison du bailli
Le bailli était celui qui représentait le seigneur en son absence. Cette maison date du XVe siècle, et elle était beaucoup plus ornée à l’extérieur à l’époque qu’aujourd’hui. Mais malheureusement, elle a été détruite en grande partie par un incendie en 2014. Depuis, la mairie de Montmirail a entamé des travaux de rénovations.