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Pensant signer une pétition, elle se retrouve en lice pour les élections communales… et est élue : «Je n’y connais rien»... |
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Une "candidate malgré elle" a été élue au conseil municipal de Prilly (Suisse). © Photo d’illustration : LEFEVRE SYLVAIN/SIPA
Une garagiste de Prilly, près de Lausanne (Suisse), assure avoir rejoint le conseil municipal sans même savoir qu’elle était candidate. Élue contre son gré en ce début mars 2026, elle affirme avoir confondu la déclaration de candidature qu’elle a signée avec une pétition. De son côté, le Parti libéral-radical (PLR), nie toute tromperie. Récit.
Drôle d’affaire que celle de cette garagiste qui se dit « otage » d’une liste récemment élue à la tête de la commune de Prilly, près de Lausanne (Suisse). Claudia Castro est officiellement aujourd’hui conseillère municipale. Elle assure pourtant n’avoir jamais fait acte de candidature et avoir été piégée par une signature apposée sur un document confondu avec une pétition.
« Ça m’a révoltée »
Claudia et Joël Castro expliquent avoir signé « malgré eux » en janvier dernier une déclaration de candidature aux élections communales. Le couple aurait confondu cette lettre d’engagement avec une pétition en faveur du maintien de certaines places de parking en ville. « On a fait confiance, on n’est pas allé plus loin », explique la garagiste à nos confrères de la RTS. Durant la campagne, le couple découvre le pot aux roses. « Une amie m’a montré un prospectus avec nos photos dessus. C’est comme ça que je l’ai appris ».
Cette méprise a pris une nouvelle dimension le 8 mars dernier lorsque la liste PLR du couple a remporté l’élection : Claudia Castro, qui figurait en position éligible, a ainsi rejoint le conseil municipal. Du jour au lendemain, la garagiste endosse – à son corps défendant – l’habit d’élue communale. « Ça m’a révoltée, explique-t-elle. Je n’y connais rien à la politique. Je n’ai ni le temps ni l’envie de m’engager ».
Avec le recul, Claudia Castro estime avoir été piégée par un parti désireux de recruter des candidats en masse : « La façon dont ils ont fait ça, c’est vraiment malhonnête ».
Siéger ou démissionner
Le son de cloche est quelque peu différent du côté du PLR. « En aucun cas, il n’a été question de pétition. On les a informés que c’était pour le Conseil communal. Si des gens ont mal compris, je suis navré », précise Tony Capuano, membre du comité du parti. Élu PLR, le maire de Prilly insiste : « Ce n’est pas à l’administration de contrôler si une personne a bien compris ce qu’elle signait ».
À l’image de l’élue écologiste Rebecca Joly, l’opposition municipale s’est immédiatement emparée de l’affaire pour dénoncer « un scandale ». « Je trouve que c’est grave de se dire que certains sont d’accord de mentir aux gens pour gonfler des listes électorales ».
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Au regard de la loi, deux scénarios s’offrent désormais à Claudia Castro : accepter son mandat et siéger au conseil municipal ou démissionner. Aucun ne lui convient. Elle ne souhaite pas s’engager mais hésite à démissionner, par crainte des conséquences sur l’activité de son garage. « Le nom de la famille est aussi celui du garage. Des clients pourraient penser qu’on n’est pas sérieux », argue-t-elle.