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Pays fléchois. Projet éolien : promoteurs et opposants toujours inconciliables... |
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Le projet final du parc éolien pourrait être présenté au comité de concertation avant la fin de l’année. © Ouest-France
Le quatrième comité de concertation, organisé mardi 14 septembre 2021, autour du projet de parc éolien dans le pays fléchois, a conduit à une impasse. En l’état, les perspectives des opposants et des promoteurs paraissent trop éloignées pour être conciliées.
L’effort didactique des porteurs de projet n’aura rien changé. Ou si peu. Mardi 14 septembre 2021, après une nouvelle réunion du Comité territorial de concertation (CTC) - la quatrième en huit mois – l’opposition au projet de parc éolien est toujours aussi vive. Virulente, même.
Pourtant, depuis février 2021, les représentants des sociétés Soleil du Midi et BayWa r.e, qui étudient l’installation de cinq à huit éoliennes à l’horizon 2025 dans les communes de Bousse, Clermont-Créans, La Flèche et Ligron, s’échinent à déminer les résistances. En s’efforçant de démontrer, avec un luxe de détails techniques, l’innocuité (écologique, humaine, économique) de leur dossier. Sans succès, jusqu’à présent. Cette implantation, les opposants n’en veulent pas. En tout cas, pas en l’état.
La science à la rescousse
Et ce mardi soir, dans la mairie de Villaines-sous-Malicorne, ils le font savoir d’entrée. Gérard Luiselli, du collectif Sauvons la garenne des Saars, ouvre les réjouissances : Le collectif, aujourd’hui, c’est plus de 400 adhérents. Ça veut dire que la majorité des riverains ne veut pas du projet.
. Il est 17 h et les débats s’annoncent houleux. Ils le seront.
Après la présentation des cinq variantes d’implantation du parc, il s’agit aujourd’hui, pour le CTC, d’aborder l’aspect humain du dossier. Les nuisances (sonores, visuelles), la santé publique, l’accompagnement des professionnels impactés (forestiers, agriculteurs)… Pour chaque sujet, les promoteurs s’épuisent à couper la tête aux doutes, aux rumeurs, aux fausses informations
. À grand renfort de données chiffrées.
Remontés, sourcilleux, les membres du collectif commentent abondamment. Ce sont vos chiffres, pas les nôtres.
. Chaque camp s’adosse à des études scientifiques. Contradictoires, évidemment. Les passes d’armes s’enchaînent. Certaines plus venimeuses que d’autres.
« Taisez-vous, sacrifiez-vous »
Thomas Pichot, de Soleil du Midi, assure – études à l’appui – que l’impact du parc sur le prix des maisons est marginal
, par exemple. Faux, lui rétorque une riveraine. Mais si c’est le cas,
alors engagez-vous à compenser les pertes financières s’il devait y en avoir.
Après deux heures, les opposants, peut-être lassés par cette partie de ping-pong, n’y tiennent plus. C’est quoi cette concertation où on nous dit : taisez-vous, sacrifiez-vous, fulmine une autre membre du collectif. Vous avez compté les oiseaux, les arbres, les coccinelles. Et nous ?
Qu’aimeriez-vous ?
, lui répond Thomas Pichot. Que les éoliennes soient au moins à 1 500 m de nos maisons.
À cette distance, il n’y a plus d’éolien en France, madame.
Inconciliable ?
Trente exploitations agricoles, trop de riverains, une biodiversité fragile. On vous dit que le site cumule trop de difficultés, reprend Gérard Luiselli. C’est une parodie de concertation. Évidemment qu’il y a des blocages.
L’heure est tardive et la séance doit s’achever. Après plus de trois heures. Le dossier n’a pas vraiment avancé. Même l’ordre du jour n’a pu être épuisé. Ce quatrième CTC n’aura pas apaisé les tensions. En l’état, les perspectives des opposants et des promoteurs paraissent trop éloignées pour être conciliées. Prochain round : le 19 octobre 2021.