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Parcé-sur-Sarthe. Le vin de Philippe Rossignol se vend sans modération... |
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Philippe Rossignol espère une année 2020 aussi chaude que 2019. © Le Maine Libre
Le Parcéen entame cette semaine la taille de ses vignes, qui commencent à faire la fierté des locaux. Après une première cuvée très réussie, il a déjà plus de 1 000 commandes pour la deuxième.
Top départ. Après un hiver très doux, Philippe Rossignol démarre cette semaine la taille de ses vignes, le sourire aux lèvres. J’ai toujours voulu faire ça et pour l’instant, ça fonctionne. Donc je ne vais pas me plaindre.
Le Parcéen installé aux Pâqueries ne redoute qu’une chose, le gel. On va le craindre du 25 avril au 25 mai. Mon pronostic, c’est qu’il va arriver le 5 ou 6 mai. Ces dernières années, on n’y échappe pas. En 2019, on a frôlé le minimum supporté par les vignes, on a eu de la chance. J’essaie aussi d’avoir le moins d’herbe possible autour des vignes pour les protéger.
En dehors de cet épisode, l’année 2019 fut exceptionnelle. On a eu un très beau temps, jusqu’en septembre avec de l’eau au mois d’août. Pour mes vignes, le réchauffement climatique, c’est parfait.
De cette belle année va naître la cuvée 2019 de son chardonnay, qui sera mis en bouteille en avril. Mais les Parcéens n’ont pas attendu cette date pour quémander leur vin. Dès Noël dernier, des gens m’appelaient pour commander. Aujourd’hui, j’ai plus de mille commandes. Tout le monde en veut à Parcé. Je suis même parfois obligé de freiner les ardeurs, pour que chaque personne puisse en avoir. Je remercie vraiment les gens qui se passionnent pour mon vin.
Le vigneron ne s’attendait pas à un tel succès dès sa première cuvée de 2018. La grosse interrogation concernait le goût. Quand mon mentor, Gilles, a goûté, il a réfléchi pendant trois minutes. J’étais tendu. Puis il a finalement décrété qu’il était délicieux. Le goût m’a surpris dans le bon sens et les gens aiment. Ni trop sec, ni trop doux. C’est énorme parce que certains plus chevronnés que moi ont du mal.
Il vend dans un périmètre de dix kilomètres. Les acheteurs apprécient le côté terroir et local, qu’ils peuvent faire valoir dans leurs réunions familiales. Philippe Rossignol ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’ouvrier maraîcher veut s’agrandir et faire de la vigne son métier principal, à partir de 2021. Car cette année, c’est raté. À cause d’une bêtise. Quand on veut planter de nouveaux pieds, il faut le demander un an à l’avance… Et j’ai oublié.
Ce n’est que partie remise. Il projette de doubler sa surface en restant raisonnable
et d’ajouter de la diversité, en plus de ses 3 300 pieds de chardonnay. J’ai déjà aujourd’hui des pieds de sauvignon, de merlot et de chardonnay muscadet.
À déguster durant les longs jours de confinement avec des rillettes, de Parcé-sur-Sarthe.