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Otan. Babis remet en cause la solidarité prévue à l’article 5 du traité, colère dans les pays baltes... |
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L’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis lors d’un déplacement pour sa campagne de la présidentielle à Brno en Tchéquie. © EPA/MAXPPP
Le candidat à la présidentielle tchèque a rejeté dimanche lors d’un débat télévisé toute possibilité d’envoyer des soldats si la Pologne ou les pays baltes étaient attaqués. Ces derniers pays ont vivement réagi lundi 23 janvier 2023.
La Pologne et les pays baltes ont vivement dénoncé lundi les propos du candidat à la présidentielle tchèque, Andrej Babis, qui a assuré qu’élu, il n’enverrait pas de soldats pour les aider dans le cadre de la défense collective de l’Otan.
Le milliardaire affrontera le général à la retraite Petr Pavel, ancien chef du Commandement militaire de l’Otan, lors du second tour de l’élection, les 27 et 28 janvier.
Babis rejette l’article 5 du traité de l’Otan avant de se dédire
Interrogé lors d’un débat télévisé dimanche sur la possibilité d’envoyer des soldats si la Pologne ou les pays baltes étaient attaqués, Andrej Babis a répondu : Non, certainement pas
. L’article 5 du traité de l’Otan oblige ses États membres à venir à l’aide de l’un d’entre eux en cas d’attaque. Je veux la paix. Je ne veux pas une guerre. Et en aucun cas, je n’enverrai nos enfants et les enfants de nos femmes à la guerre
, a poursuivi l’ex-Premier ministre.
Plus tard, il a tweeté qu’il n’avait jamais remis en question l’article 5 et que ses déclarations avaient été tronquées.
Les déclarations d’Andrej Babis […] sont absurdes et dangereuses. Elles instillent le doute sur la confiance et la coopération avec l’Otan
, a réagi le président du Parti paysan PSL (opposition), le Polonais Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. Au Kremlin, ils peuvent commencer à sabrer le champagne
, a-t-il ajouté.
Les pays baltes ne comprennent pas cette déclaration
En arrivant à la réunion du Conseil des affaires étrangères à Bruxelles, le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Reinsalu, a estimé que les propos de Andrej Babis constituaient le pire exemple
d’empiétement d’intérêts de politique intérieure sur les questions de sécurité. Je veux juste répondre que M. Babis devrait savoir que l’Estonie enverra ses soldats si la République tchèque est en crise
, a-t-il déclaré.
Le ministre des Affaires étrangères lituanien Gabrielius Landsbergis a également assuré que si la liberté, la souveraineté ou l’intégrité territoriale des Tchèques se trouvaient un jour remises en cause par une force extérieure, les Lituaniens seraient solidaires du peuple tchèque
.
Son homologue letton Edgars Rinkevics a qualifié les déclarations d’Andrej Babis d'inquiétantes
.
Lire aussi : En Lettonie, quelle place accordée au russe, langue maternelle d’un tiers de la population ?
Ce type de commentaires, même s’ils sont motivés par des considérations de politique interne, vont un peu trop loin. Ce n’est pas très responsable
, a-t-il poursuivi.
Méfiants à l’égard de la Russie, après avoir passé des décennies sous le régime soviétique, les pays baltes craignent d’être les suivants sur la liste de Moscou en cas de victoire de la Russie en Ukraine.