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Neufchâtel garde la mémoire de ses sabotiers... |
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Jeanine Caris, présidente de la maison du sabot nous présente l'un de ses préférés. Ce sabot usé - sans doute celui d'un homme peu fortuné - a été consolidé pour être porté le plus longtemps possible.
A l'orée de la forêt de Perseigne, dans le nord de la Sarthe, Neufchâtel-en-Saosnois comptait autrefois de nombreux sabotiers. Là-bas, une Maison du sabot rappelle cette riche histoire.
Au début du siècle dernier, Neufchâtel-en-Saosnois comptait plus de 200 sabotiers. Aujourd'hui, plus personnes ne taille de sabots dans les hêtres de la grande et mystérieuse forêt de Perseigne qui jouxte la commune. Mais, grâce à l'ancien maire de Neufchâtel, Francis Caris, « la capitale du sabot » a gardé la mémoire de ce passé et continue à raconter au visiteur l'histoire de ses artisans et savoir-faire disparus.
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C'est à la Maison du sabot, installée dans l'ancienne mairie, en face de l'église, qu'il faut se rendre pour découvrir les univers anciens du sabotier, du bourrelier, du cordonnier, du maréchal-ferrant...
Des sabots pour « marcher à l'envers »
La collection de la Maison présidée par Jeanine Caris, est riche et dense. Il faut prendre le temps d'examiner les objets, les uns après les autres. Car chacun a une histoire à raconter.
Une fois entrés, vous découvrirez rapidement qu'il n'y avait pas un unique type de sabots mais qu'il en existait de nombreux modèles, souvent spécifiques à une activité.
Il y avait des sabots plats pour marcher sur le sable, des sabots à « crampons » pour déboguer les châtaignes, des sabots pour marcher en ville avec deux petits talons « stabilisateurs » devant pour ne pas glisser sur les pavés... Il y avait aussi des sabots pour braconniers ! « Regardez-les bien ? Rien ne vous choque ? », interroge Jeanine. Sapristi ! Le talon se trouve devant. Le sabot est « inversé ». « Ainsi, quand il marchait, le braconnier laissait des traces qui allaient dans l'autre sens que le sien... » Et des braconniers, au XIXe, il y en avait en forêt de Perseigne !
La Maison du sabot dispose de nombreux outils et du mobilier ancien comme ce lit étroit pourtant fait pour les couples ou ce berceau d'antan. Quelques films vidéos présentent aussi les savoir-faire des anciens. Ne ratez pas le commentaire de Roger Marcellière, vénérable sabotier, virtuose du ciseau à bois, qui vous racontera comment il travaillait autrefois et vous présentera, avec passion et beaucoup d'humour, quelques-uns de ses « modèles » artistiques d'une extrême finesse. Et même si ce n'est qu'un film, le message passe très bien !
La maison du sabot et des métiers d'antan, Neufchâtel-en-Saosnois. Ouvert au public de mai à septembre les dimanches et jours fériés de 15 h à 18 h 30. En dehors des jours d'ouverture, s'adresser aux commerçants pour la visite. Entrée gratuite. À noter sur vos agendas : la fête du sabot et le vide-greniers de la commune le dimanche 2 octobre.
Ouest-France