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Mayet. Il y a 80Â ans, le retour des prisonniers... |
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La colonne de la paix avait été dressée à la jonction de la rue de la Pelouse et celle de la gare. © Collection privée M. Cerisier
« Depuis longtemps Mayet n’avait pas connu une si belle manifestation, où tout le monde avait le cœur de faire au mieux. Nos camarades rapatriés ont pu ainsi se rendre compte qu’ils n’ont pas été oubliés » écrivait dans l’édition du lundi 10 décembre 1945, le correspondant du Maine Libre.
Les rapatriés de l’époque, ce sont les prisonniers de guerre, issus pour l’essentiel de la débâcle de l’armée française en juin 1940. Un million sont progressivement de retour en 1945. Parmi eux les Mayetais sont particulièrement bien accueillis : « Notre petite ville disparaissait sous d’innombrables guirlandes de fleurs, de drapeaux et de décorations de toutes sortes. De nombreux arcs de triomphe avaient été érigés… Le clou a été sans contestation possible la magnifique colonne élevée au carrefour de la paix, due à l’imagination des commerçants du quartier qui méritent de chaleureux compliments » poursuit Le Maine Libre.
Les festivités ont été marquées par une représentation de théâtre, une retraite aux flambeaux, un défilé avec la clique de Mayet, une messe dite par les abbés Fialex et Manière, et les discours du maire et de M. Graffin, président des anciens prisonniers.
Maire de Mayet de 1927 à 1953, Gustave Sarcé, après avoir déposé une plaque commémorative au monument aux morts, indiqua notamment : « Cet hommage que nous rendons aujourd’hui à tous ces morts doit s’accompagner d’un serment : continuer la tâche pour laquelle ils ont tout donné. Nous devons leur jurer de travailler à relever la France de ses deuils et de ses ruines ».
Vers midi, le cortège se disloqua à l’heure du vin d’honneur, qui a précédé le grand banquet de la « fête du retour » à laquelle 250 convives ont participé.