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Marie Pape-Carpantier, Fléchoise et « fondatrice » de l’école maternelle à la française... |
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Marie Pape-Carpantier est née à La Flèche en 1815. © Ouest-France
En lien avec l’exposition Matrimoine, l’histoire au féminin, présentée jusqu’au 21 avril 2025 à la maison du Pilier-rouge au Mans (Sarthe), Ouest-France vous propose de redécouvrir plusieurs figures féminines du département. Coup d’œil sur Marie Pape-Carpantier, une institutrice avant-gardiste.
Si vos bambins vont à l’école, c’est grâce à elle ! Née à La Flèche (Sarthe) en 1815, Marie Pape-Carpantier est considérée comme l’inventrice de l’école maternelle. Alors qu’en 1833, une loi oblige chaque commune à ouvrir une école primaire, l’enseignement des plus petits au sein de structures n’est pas encore répandu. Ce que l’on appelle des « salles d’asile » sont réservées aux enfants pauvres et sont souvent financées par des actions de charité.
Surveillante puis directrice
À La Flèche, un projet d’ouverture est confié à la mère de Marie Pape-Carpantier en 1834. C’est ainsi qu’elle devient surveillante puis directrice à seulement 19 ans. Tout en se formant (elle a arrêté l’école à 11 ans), elle assure l’instruction religieuse, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ainsi que le chant et les travaux manuels. En 1842, elle prend la direction de la principale salle du Mans.
Peu à peu, elle fait de ces lieux à la réputation de « fourrières d’enfants » de véritables oasis d’éducation et d’épanouissement. Elle estime que les enfants doivent aussi s’amuser et découvrir le monde par eux-mêmes. « Il faut que l’instituteur apporte la couleur, le mouvement, l’à-propos, l’avis », écrit-elle. Elle compile ces préconisations dans un guide remarqué par le ministre de l’Instruction publique de l’époque. En 1848, les « salles d’asile » deviennent écoles maternelles. La Sarthoise est de suite nommée à Paris pour former les futurs enseignants et directrices de maternelle.
Une féministe à la Sorbonne
Figure féministe, elle écrit une série d’articles prônant l’égalité des sexes. Puis en 1867, elle est la première femme à prendre la parole à la Sorbonne pour des conférences. Elle est révoquée temporairement pour libre pensée en 1874 avant de mourir quatre ans plus tard. Plusieurs écoles portent son nom, dont une à La Flèche.