|
Loué. Une expérimentation unique en France... |
1
Claude Roiron, en rose, avec à sa droite Adeline Dupuis, a échangé avec les professeurs et les élèves sur l’expérimentation en non-mixité. © Le Maine Libre
Vendredi Claude Roiron, haute fonctionnaire en charge de l’égalité filles-garçons à l’Éducation nationale, est venue rencontrer les membres du laboratoire de mathématiques ainsi que les élèves après l’expérimentation en non-mixité menée avec les classes de 5e du collège Bellevue de Loué.
Face aux constats alarmants concernant le décrochage des filles en mathématiques et l’entretien inconscient de stéréotypes par les institutions, l’équipe a souhaité créer une dynamique de recherche sur ce thème. L’objectif consiste à mieux comprendre et agir sur les biais genrés en contexte scolaire.
Les filles « plus discrètes » que les garçons
Adeline Dupuis, principale du collège, explique : « Les filles se montrent plus discrètes, prennent moins la parole, doutent davantage d’elles-mêmes au point de sous-estimer leur réussite, et redoutent l’erreur comme un échec personnel. Les garçons, au contraire, semblent plus à l’aise, prennent facilement la parole, mais ont parfois tendance à surévaluer leurs capacités et à accorder moins d’importance aux consignes et aux conseils ».
Face à ces données, le laboratoire a souhaité créer un dispositif permettant de travailler sur la représentation de soi et les interactions genrées. Et ce durant six semaines d’octobre à décembre.
Adeline Dupuis poursuit : « L’objectif principal était de tester la non-mixité comme levier de développement personnel et pédagogique. Il s’agissait de permettre aux filles de prendre des risques sans crainte du jugement masculin, et aux garçons de se recentrer sur la qualité de leur production en dehors de la compétition sociale ».
L’expérimentation, inédite au niveau collège, met en lumière l’influence profonde des stéréotypes de genre sur les apprentissages en mathématiques. Elle vient confirmer les analyses déjà établies. Et a montré combien les comportements scolaires sont façonnés par le regard social, la peur du jugement et des normes implicites propres à la culture scolaire. L’établissement compte poursuivre et approfondir ce travail dès l’année prochaine.