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Loué-Brûlon-Noyen. Quand l’économie va, tout va... |
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La zone d’activité de Mareil-en-Champagne, à l’état d’études : déjà cinq des douze lots sont réservés. © Le Maine Libre
Vice-président de la commission économie à la communauté de communes Loué-Brûlon-Noyen (LBN), Jean-Louis Morice voit en ce début 2021 plusieurs entreprises se développer ou s’implanter. De « la chance » ? Pas seulement.
Les dossiers s’empilent dans sa pochette « entreprises », sur son bureau de la mairie de Noyen-sur-Sarthe. Vice-président de la commission économie – autrement dit, entreprises – de la communauté de communes Loué-Brûlon-Noyen (LBN), Jean-Louis Morice n’a pas de temps à lui. En économie il faut être réactif.
Et les demandes d’entreprises sont là .
« Le Maine Libre » : Plusieurs entreprises se développent sur le territoire de la communauté de communes, et sur certains secteurs en particulier ?
Jean-Louis Morice : « Nous avons plusieurs zones d’activité, et plusieurs sont en développement, ce qui est positif et permet le maintien de l’emploi sur le territoire ».
Pouvez-vous détailler ?
« Actuellement, nous travaillons sur la zone de Mareil-en-Champagne, que nous aménageons en 12 lots. Plusieurs sont déjà réservés : pour un regroupement d’activité, pour un agrandissement d’un commerce et pour l’installation d’un autre. »
Depuis quand ces lots sont-ils commercialisés ?
« Ils ne sont pas encore commercialisés… Là , il y a de la demande. En économie, il faut être réactif : on doit avoir des propositions à faire aux investisseurs. »
Non loin de là , la zone de Loué est aussi en chantier.
« Nous avions lancé huit lots il y a plusieurs années. Quatre ont été vendus, deux autres intéressent deux artisans qui quittent le centre-ville pour s’agrandir ici. Quand on a créé la zone, on savait qu’il y avait ce besoin : le premier à s’installer a été le mécanicien qui était à l’étroit sur la place du village. »
En est-il de même à Noyen-sur-Sarthe ?
« Oui, il y a aussi un développement important de l’entreprise Copirel (Bultex) qui investit 4 millions d’euros dans de nouveaux bâtiments, avec l’embauche d’une soixantaine de personnes. Et nous cherchons à acquérir quatre hectares supplémentaires pour des industriels et artisans qui projettent des agrandissements dans les années à venir. »
Il s’agit d’anticiper ?
« Oui, il faut prévoir en avance ces acquisitions pour ensuite pouvoir les proposer le moment venu. C’est là tout l’enjeu. Avec les recommandations du Schéma de cohérence territoriale (Scot) qui restreint les surfaces à aménager sur les terres agricoles, on sait que ce sera plus difficile à l’avenir. »
La zone de Brûlon continue de s’étendre…
« Oui, nous avons acquis six hectares dont trois pour le déménagement de l’entreprise Fémilux (couture haut de gamme, NDLR). Et d’autres agrandissements sont à prévoir ensuite. »
Ces zones se répartissent-elles au-delà de trois communes ?
« Nous avons celle de Joué-en-Charnie où là aussi deux artisans pourraient s’installer, de même qu’un autre à Poillé-sur-Vègre. Les zones de Longnes et Coulans-sur-Gée sont plus calmes. »
Visiblement, beaucoup de ces dossiers d’implantation concernent des artisans.
« Oui beaucoup dans les secteurs du bâtiment, du commerce et des services. »
Comment s’explique cette bonne santé ?
« On a la chance d’avoir une diversité d’entreprises, et de ne pas être un des pôles plus fragiles comme l’automobile ou l’aéronavale. »
Les prix des terrains, de 4 € à 12 €, y sont aussi pour quelque chose…
« C’est un choix politique : il faut être attractif. Si vous avez l’emploi, alors vous avez les familles, les commerces, les écoles, les associations… Tout en découle. »
Néanmoins, vous avez indiqué qu’une dizaine d’entreprises sont en difficultés.
« Oui, celles liés à la restauration ou au tourisme : restaurants, hôtels, gîtes d’hôtes… Il faut les soutenir. Ces gens-là ont fait des investissements. Nous (communauté de communes, NDLR) avons joué le jeu – dégrèvement de deux mois de loyer – mais il faudrait que les banques le jouent aussi. Les aides apportées par l’État sont comme des emprunts à rembourser. Si l’activité ne reprend pas d’ici juin, le second semestre 2021 va être difficile. »
Les grandes entreprises s’en sortent mieux. Pourquoi ?
« Les entreprises – petites ou grandes – qui se développent, sont celles qui n’ont pas eu à fermer durant le confinement. Certaines m’appellent même pour me demander de les aider à trouver de la main-d’œuvre : mécaniciens, charpentiers, couturières… Il y a un problème avec l’apprentissage en France, sinon comment expliquer ces difficultés à recruter face à tous les inscrit(e)s à Pôle emploi ? »
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