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Loir-en-Vallée. Un pan sombre de l’histoire du XXe siècle... |
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Reconstitution au château avec le commandant nazi et le médecin français Georg Renno, complice de crime contre l’humanité… © Le Maine Libre
Quatre-vingts ans plus tard, la seule évocation des secrets du château de Hartheim fait frissonner jusqu’aux plus aguerris.
Dès 1940, Hitler avait personnellement donné l’ordre que ce château du XVIIe siècle – alors asile pour personnes handicapées – soit transformé en centre d’extermination de ces derniers ainsi que des prisonniers « politiques » polonais, espagnols, français… On estime à 28 000 au moins le nombre de victimes, principalement en 1940 et 1941, passées par les camps de concentration tout proches de Mauthausen et Linz. « Les cars arrivaient sans discontinuer. On gazait une centaine de personnes à la fois, les cendres étaient jetées dans la rivière proche ou dans le Danube en fin de processus » explique le coréalisateur du film.
À la fin de la guerre, les nazis ont fait disparaître la plupart des preuves matérielles, mais il a suffi du témoignage d’un seul employé du « château » pour mener l’enquête et faire surgir la vérité. Un médecin strasbourgeois – Georg Renno – avait intégré ce système monstrueux. Rattrapé sous un faux nom qui lui avait permis après la guerre de travailler pour un laboratoire pharmaceutique allemand, il fit l’objet d’un début de procès puis fut déclaré médicalement inapte à le poursuivre et mourut de sa belle mort à 90 ans.