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LGV Le Mans-Rennes. Pas une baguette magique pour le tourisme... |
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La nouvelle LGV a rapproché la Bretagne de Paris. Pour autant, des gains de temps ne suffisent pour augmenter la fréquentation touristique. © archives Ouest-France
La nouvelle ligne à grande vitesse entre Le Mans et Rennes est en service depuis le début juillet. C’est, bien sûr, un plus pour le tourisme. Pour autant, les effets ne sont pas immédiats. Si la LGV est nécessaire pour faire venir plus de touristes à l’Ouest, elle n’est pas suffisante.
Les conséquences économiques de la nouvelle Ligne à grande vitesse, mise en service le 2 juillet entre Le Mans et Rennes, sont suivies par un Observatoire. Il s’est réuni mardi à Rennes. Au menu notamment, les conséquences pour le tourisme et la fréquentation de la Bretagne.
Un premier bilan ? Trop tôt
Un seul été, ce n’est pas suffisant pour apprécier si la LGV apportera un coup d’accélérateur au tourisme en Bretagne. Ce sera sans doute le cas. Pour autant, il ne faut pas imaginer monts et merveilles. Hélène Pébarthe-Désiré, maître de conférences en géographie à l’université d’Angers, a peut-être refroidi certains enthousiasmes. « Il n’y a pas de causalité évidente entre la qualité d’une desserte et la fréquentation touristique », a-t-elle expliqué. En clair, des trains qui vont plus vite ne suffisent pas pour faire grimper la fréquentation touristique. Il faut simplement, qu’à l’arrivée, les touristes trouvent des offres attractives, des hébergements de qualité sans être trop chers, des loisirs et des animations, une offre culturelle… Tout ce qui donne envie de partir. Et dans cette liste de points forts, figurent bien sûr des trains rapides. Mais ils ne sont qu’un atout parmi d’autres. « Une ligne à grande vitesse est plus un atout supplémentaire qu’un déclencheur », a-t-elle poursuivi. C’est un peu l’histoire de l’hirondelle qui ne fait pas le printemps.
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Un frémissement pour Rennes
La capitale régionale est la grande bénéficiaire de la nouvelle LGV. Elle se retrouve désormais à moins d’1 h 30 de Paris. Là encore, il est trop tôt pour en tirer des enseignements sur la fréquentation touristique. Il n’empêche, lors de la réunion de cet Observatoire de la LGV, Jean-François Kerroc’h, le directeur-général de Destination Rennes, l’office du tourisme, a pointé les augmentations de la consultation de la plateforme sur Internet qui permet de programmer et d’organiser son séjour à Rennes : + 200 % en juin, + 35 % en juillet et + 45 % en août. La LGV y est bien pour quelque chose. Cet été aussi, la participation aux visités guidées de la capitale bretonne a fait un joli bond de 58 %.
La nouvelle ligne à grande vitesse est donc un atout dans le jeu rennais. Mais à elle seule, elle ne peut pas changer la face du monde. Elle s’ajoute aux autres traits de caractère, énumérés par Jean-François Kerroc’h, pour parler de Rennes : « Le foisonnement culturel, un territoire où il fait bon vivre,… »
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Les gares, de nouveaux quartiers
C’est aussi l’une des conséquences de la mise en service de la LGV : autour des gares rénovées, ce sont de véritables nouveaux quartiers qui sont en train de sortir de terre. C’est, bien sûr, le cas à Rennes. Mais aussi à Laval, par exemple. La ville peut mettre en avant de nombreux projets immobiliers, tant pour accueillir de nouveaux habitants, que pour développer les locaux commerciaux. « La LGV marque le point de départ du renouvellement urbain », a même résumé Jean-Marc Milcent, le directeur opérationnel de Laval Mayenne aménagements.