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Leur mère s’était suicidée après sa sortie de l’hôpital : l’établissement de Romorantin mis hors de cause par la justice... |
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Le tribunal administratif d’Orléans n’a pas reconnu fautif l’hôpital de Romorantin après la mort d’une patiente. Photo d’illustration. © BÉATRICE LEGRAND / ARCHIVES OUEST-FRANCE
En 2024, une femme de 84 ans s’était suicidée quatre jours après être sortie de l’unité de soins psychiatriques de Romorantin (Loir-et-Cher), où elle avait été admise pour des tendances suicidaires. Ses enfants avaient porté plainte contre l’hôpital mais la justice administrative a estimé, fin mars, que l’établissement de santé n’avait commis aucune faute.
Pas de faute, de négligence ou de manquement de la part de l’hôpital de Romorantin (Loir-et-Cher). Dans un jugement rendu jeudi 12 mars 2026 et communiqué jeudi 26 mars, le tribunal administratif d’Orléans (Loiret) a débouté deux personnes qui avaient porté plainte contre l’hôpital après la mort de leur mère à l’âge de 84 ans, rapporte France 3 Centre-Val de Loire .
Le 27 mars 2024, le mari de l’octogénaire était décédé. Le jour même, la veuve avait exprimé son envie de mettre fin à ses jours et avait été amenée aux urgences psychiatriques de Romorantin. Après quarante-huit heures d’hospitalisation, les soignants avaient levé la mesure de soins psychiatriques pour péril imminent et avaient laissé l’octogénaire rentrer chez elle.
Un risque de suicide sous-évalué, selon les enfants de la victime
Quatre jours plus tard, elle s’était suicidée à son domicile. Ses enfants avaient alors déposé une première plainte, qui a été classée sans suite, avant de saisir la justice administrative. Ils dénonçaient des négligences de l’hôpital, qui avait laissé partir leur mère alors qu’elle était dans un « état d’extrême fragilité et de détresse psychologique », précise Le Berry Républicain .
Les deux plaignants estimaient que le risque suicidaire avait été sous-évalué chez leur mère, qui avait déjà fait deux tentatives de suicide dans sa jeunesse, et que l’hôpital aurait dû attendre l’arrivée de l’un d’eux pour la laisser partir. Mais le tribunal a estimé que l’hôpital n’avait commis aucune faute.
Une décision « profondément choquante »
« Le risque de suicide a été évalué correctement par l’équipe médicale au moment de sa sortie, peut-on lire dans la décision. Aucune pièce du dossier ne permet de contredire cette évaluation. » Les deux enfants n’obtiendront donc pas les 120 000 € d’indemnisation qu’ils demandaient et devront rembourser les frais d’avocat (1 500 €) à  l’hôpital de Romorantin.
Jeudi 26 mars, l’avocat des deux enfants a dénoncé, dans un communiqué, une décision « profondément choquante, injuste et incompréhensible ». Le tribunal ayant reconnu la fragilité et la détresse psychologique de la victime, l’avocat estime illogique que l’hôpital n’ait pas été reconnu responsable. Les deux plaignants vont faire appel de la décision.