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Leur maison encerclée par les eaux de la Loire en crue, ces habitants trouvent refuge dans leur camping-car... |
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Didier et Liliane Maillard, habitants du lieu-dit Belle-Croix à Anetz (Vair-sur-Loire) ont préféré quitter leur domicile, entouré par les eaux de la Loire en crue, et vivent dans leur fourgon aménagé, au sec. © Ouest-France
Pour « ne pas faire faire courir de risques aux sauveteurs » et alors que la Loire en crue menaçait leur maison, ces habitants de Vair-sur-Loire, près d’Ancenis (Loire-Atlantique), ont décidé de quitter leur maison il y a une semaine. Depuis, ils vivent dans leur fourgon aménagé. Au sec.
Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres
: c’est un peu le credo, ces jours-ci, chez les Maillard. Mercredi 18 février 2026, Didier et Liliane, 67 ans tous les deux, ont quitté leur domicile du lieu-dit Belle-Croix à Anetz (Vair-sur-Loire). Ce dernier était entouré par la Loire en crue. Fuir les eaux menaçantes du fleuve, oui, mais pour aller où ? On leur a bien suggéré un relogement à l’hôtel. Et plusieurs amis nous ont proposé une chambre.
À chaque fois, les Maillard ont dit non
. On ne voulait pas embêter. Et on a ce qu’il faut : notre fourgon aménagé.
Dans leur petit chez-eux, Didier et Liliane ont effectivement de quoi voir venir : On a une cuisine, des toilettes, l’eau chaude pour la douche, la télé pour suivre les JO…
L’électricité leur est fournie par les amis chez qui ils ont stationné leur fourgon, à Ancenis-Saint-Géréon. Nous sommes autonomes.
« On craignait que ça finisse par rentrer dans la maison »
Les Maillard sont des habitués de la vie de nomade. Mais faire de leur camion un moyen de relogement face aux inondations, ça, ils ne l’avaient jamais vécu. Nous avons connu plusieurs crues mais on n’avait jamais eu à évacuer
, confient Didier et Liliane, habitants de Belle-Croix depuis 2011. La décision de tout quitter s’est imposée à eux.
Il y a d’abord eu la problématique sanitaire : Les eaux usées ne s’évacuaient plus à cause des inondations.
Les Maillard ne se voyaient pas revenir au Moyen-Âge, sans douche, ni toilettes, ni lave-linge…
Ajoutez à cela le niveau de la Loire, inquiétant
en milieu de semaine dernière. On voyait que ça montait, ça montait… Sans voir venir la décrue. On craignait que ça finisse par rentrer dans la maison.
Leur garage, lui, était déjà sous 1,50 m d’eau.
« Je sais quels risques prennent les sauveteurs »
C’est là que le passé de gendarme de Didier Maillard a parlé. J’étais à la brigade de Tiercé (Maine-et-Loire) en 1995, durant des inondations. J’ai participé à des évacuations d’habitants de la ville de Cheffes (Maine-et-Loire) en bateau ou en hélicoptère. Je sais quels risques prennent les sauveteurs lorsqu’il faut porter secours à de nombreuses personnes en même temps.
Mercredi dernier, le gendarme retraité s’est donc dit qu’il valait mieux anticiper et demander une évacuation préventive. Encore une fois, on ne savait pas quand la crue allait s’arrêter. On ne voulait pas faire courir de risques aux pompiers.

Les habitations du lieu-dit Belle-Croix à Anetz (Vair-sur-Loire) sont toutes encerclées par les eaux de la Loire en crue en cette fin février 2026. DR
Désormais au sec, dans leur fourgon aménagé, Didier et Liliane Maillard suivent à distance les caprices du fleuve. Des voisins sont restés chez eux. Tous les jours, ils nous envoient des photos de notre maison pour suivre l’évolution.
Lorsque la Loire aura perdu 1,50 ou 1,60 m, nous retournerons vivre chez nous
.
La décrue débute tout doucement dans le pays d’Ancenis. Elle devrait prendre plusieurs jours. Dans leur petit chez-eux, les Maillard l’attendent patiemment.