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Les Alpes mancelles sont-elles des montagnes ?... |
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Ici, une vue de Saint-Léonard-des-Bois depuis le Haut Fourché à 217 mètres d’altitude. © Archives Le Maine Libre
Dans un département relativement plat, le territoire du Nord-Sarthe est singulier par ses reliefs : les Alpes mancelles. Un lecteur du journal se demande si ce sont vraiment des montagnes. Le Maine Libre vous répond.
Randonnées pédestres, VTT ou équestres, sorties en canoë-kayak, escalade, accrobranche : dans le Nord-Sarthe, les Alpes mancelles attirent chaque année de nombreux touristes en quête d’évasion en plein air. Le territoire, fort de son patrimoine et sa verdure, compte deux points culminants autour de la petite cité de caractère, Saint-Léonard-des-Bois. Il s’agit du Haut-Fourché et le Narbonne qui culminent respectivement à 217 et 203 mètres d’altitude. Pour autant, « peut-on dire que les Alpes mancelles sont des montagnes ? », s’interroge Pierre, lecteur du journal. Le Maine libre lui répond.
Pourquoi ce nom ?
Selon une légende, le terme « Alpes mancelles » aurait été attribué aux reliefs du Nord-Sarthe par l’ermite Saint-Cénéri. Arrivant tout droit d’Italie, ce dernier se serait promis de s’arrêter lorsque qu’il rencontrerait des paysages ressemblant à la célèbre chaîne de montagnes.
Comment se sont-elles formées ?
Les Alpes mancelles ne sont pas des montagnes.
Le relief des Alpes mancelles s’est formé à la suite de la collision de deux plaques tectoniques. Une partie de la croûte terrestre a été poussée vers le haut sous l’effet de la compression. « Les roches profondément enfouies (de 3 000 à 6 000 mètres), chauffées à une température relativement élevée (200 à 300 degrés environ) sont relativement ductiles (malléables) : elles peuvent alors se déformer sans trop se casser. C’est le plissement », peut-on lire sur un panneau explicatif installé sur les hauteurs de Saint-Léonard-des-Bois.
Ce phénomène entraîne une succession de plis surmontés par la couche géologique la plus récente : les anticlinaux ont formé une voûte vers le haut, les synclinaux une voûte formant un fond de bateau vers le bas comme celui de Saint-Léonard-des-Bois.
Le synclinal de « Saint-Léo » est dit « ordovicien ». Les grès de May, la couche la plus récente du pli datent de l’Ordovicien, soit environ -460 millions d’années. Et les roches se sont plissées lors de la formation de la chaîne hercynienne, vers -320 millions d’années.
La rivière a creusé une gorge
Au cours des millénaires, la rivière Sarthe a « profondément entaillé les formations paléozoïques (grès armoricain, schistes du Pissot, grès de May) du Synclinal - structure géologique consistant en un pli concave dont le cœur est occupé par les couches géologiques les plus récentes - de Saint-Léonard-des-Bois », explique l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) sur son site internet. Une étroite gorge de 100 mètres de profondeur avec des pentes très escarpées donnant un relief creux, s’est ainsi formée.
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