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Le réchauffement climatique aurait triplé le nombre de décès liés à la chaleur, selon une étude... |
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Dans certaines villes, jusqu’à 92 % des morts recensés seraient directement imputables au dérèglement du climat. © JEAN-FRANCOIS FORT / Hans Lucas via AFP
Une récente étude a estimé le nombre de décès liés aux fortes chaleurs qui auraient pu être évités en Europe si le réchauffement climatique n’existait pas. Dans certaines villes, jusqu’à 92 % des morts recensés seraient directement imputables au dérèglement du climat. À Paris, cette part est déjà de 63 %.
Des chercheurs de l’Imperial College London et de la London School of Hygiene & Tropical Medicine ont calculé la part des décès prématurés causés par le réchauffement climatique dans douze grandes villes européennes, dont Paris, lors de la vague de chaleur qui a frappé le vieux continent entre le 23 juin et le 2 juillet 2025.
Leur étude, publiée il y a quelques jours et relayée par le quotidien espagnol El PaÃs , montre que le changement climatique a triplé le nombre de décès. Au total, 2 305 personnes sont mortes prématurément dans ces villes à cause de la chaleur, entre autres à Madrid et à Rome. Or 65 % de ces décès seraient directement imputables au réchauffement du climat.
Pour estimer cet impact, les scientifiques ont d’abord dû déterminer le rôle du changement climatique sur cette récente vague de chaleur. Ils ont utilisé une méthodologie établie et évaluée par des pairs s’appuyant sur de nombreuses études reconnues. Selon nos confrères, on estime ainsi que la planète est globalement 1,3 °C plus chaude qu’à l’ère préindustrielle en raison des activités humaines. Cela a plusieurs effets sur l’environnement, comme le fait d’augmenter à des niveaux records la température des eaux de surface en Méditerranée occidentale.
Tout cela participe à rendre les vagues de chaleur plus précoces et plus étendues, en plus d’augmenter leur intensité de 2 à 4 °C supplémentaires. « La chaleur extrême qui se produit au début de la saison a tendance à être plus mortelle, car les gens ne sont pas encore acclimatés aux températures estivales », ont décrit les chercheurs. Dans tous les cas, des températures enregistrées induisent un stress thermique très important. Toutes les métropoles étudiées, soit 30 millions d’habitants en cumulé, ont d’ailleurs été placées en alerte sanitaire à un moment donné, pendant la période.
Des milliers de morts auraient pu être évitées
Très violente, la vague de chaleur du début de l’été 2025 aurait donc causé 2 305 morts. Parmi les victimes, les chercheurs considèrent que 1 504 auraient pu être évitées sans réchauffement climatique. On retrouve la même proportion à Paris. Sur les 373 décès supplémentaires entraînés par la vague de chaleur, selon les estimations, 235 (soit 63 %) seraient imputables au réchauffement climatique. À Madrid, ce serait même 92 % des 118 décès estimés qui seraient directement liés aux effets du dérèglement du climat.
Or, ces parts devraient continuer à augmenter dans les prochaines années. « Dans un monde qui se réchauffe, les vagues de chaleur sont susceptibles d’être plus fréquentes, plus intenses et d’affecter davantage de personnes dans toute l’Europe », a déclaré Samantha Burgess, directrice stratégique du climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme. Seule solution pour limiter les dégâts : réduire le plus possible les émissions de gaz à effet de serre.