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Le Mans. Une technologie de pointe pour combattre le cancer... |
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Le Mans. Une technologie de pointe pour combattre le cancer
Le centre Jean-Bernard, établissement privé du centre-ville du Mans, développe la stéréotaxie, une technologie jusqu’alors réservée aux métastases cérébrales. Grâce à un appareillage de pointe ultraprécis, des séances de radiothérapie plus fortement dosées permettant de guérir certaines tumeurs secondaires.
Le mot sonne barbare. « Stéréotaxie extra-crânienne »
. Si on l’associe au cancer et aux traitements par radiothérapie, il concerne pourtant près de 200 000 patients chaque année en France. « Près de 2 patients sur 3, atteints d’un cancer, seront soumis à des séances de radiothérapie au cours de leur parcours de soins »
, confirme le docteur Yoann Pointreau du centre Jean-Bernard. « Tous ne sont pas éligibles à cette nouvelle technologie mais elle reste une avancée fondamentale dans le traitement du cancer. »
Une radiation ultra-millimétrée
Cette technologie que décrit l’oncoradiothérapeute du Mans est unique en Sarthe. Et développée dans encore peu d’hôpitaux de pointe sur le reste de la France. Elle améliore pourtant considérablement la survie des patients.
« Il s’agit d’une radiothérapie de haute précision qui va cerner au millimètre près la tumeur. Cette précision va nous permettre à nous, soignants, d’utiliser une dose de radiation plus élevée et donc plus efficace pour détruire la métastase, sans toucher les organes sains qui l’entourent. »
Un traitement curatif
Pour la première fois surtout, cette technologie donne l’espoir aux malades de guérir de cancers pour lesquels la médecine, jusqu’à présent, ne proposait que des prises en charge palliatives. « La stéréotaxie est un traitement curatif. Elle permet d’éliminer totalement les métastases visées et pas seulement d’améliorer la qualité de vie des malades en limitant leur développement. »
Depuis 2015, cette technique était utilisée pour les métastases cérébrales. Elle l’est désormais pour toutes celles qui touchent les os et les ganglions notamment. « Les métastases sont beaucoup plus faciles à cibler dans le cerveau car elles sont moins mouvantes. Avec cette technologie, il faut être extrêmement précis et tout mouvement du patient, même le plus infime, fausse l’opération. C’est pour cette raison que nous avons pris notre temps pour la développer. C’est aussi pour cette raison que nous n’irons sur des métastases des poumons, par exemple, que dans un troisième temps. »
Le taux de réussite parle de lui-même : 48 malades traités entre mars 2018 et novembre 2019. Toutefois, tous les patients ne peuvent pas accéder à ce nouveau mode de traitement. « C’est parfois difficile à entendre mais une même technologie, très efficace dans certains cas, ne peut pas tout guérir »
, explique Yoann Pointreau. « Elle s’adresse à des malades dits oligométastatiques, c’est-à-dire ceux qui produisent un nombre restreint de tumeurs secondaires. »
Des avantages
Les bénéfices sont nombreux, tant pour les patients que pour le système de santé. « Des plus fortes de doses de radiation, cela signifie moins de séances »
, énumère le docteur. « Dans une radiothérapie classique on compte 20 à 25 sessions. Là, on élimine une métastase en 4 à 5 séances. C’est moins de fatigue et moins de stress pour les malades. C’est plus économique pour la Sécurité sociale même s’il faut le répéter, le traitement est entièrement remboursé. »