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Le Mans. Roxanne veut remplir ces valises d’aide humanitaire pour Beyrouth... |
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Le Mans, jeudi 20 août 2020. Le fabricant de bagages sarthois GMS Diffusion a donné quatorze valises à Roxanne Verron. La Mancelle lance un appel aux dons de produits d’hygiène et de denrées non périssables pour les envoyer aux sinistrés de Beyrouth. © Le Maine Libre
Roxanne Verron est revenue au Mans en mars 2020, après avoir vécu trois ans à Beyrouth. Choquée par l’explosion du 4 août 2020, elle participe à l’opération Les valises pour Beyrouth, visant à apporter de l’aide aux Libanais sinistrés.
Il y a encore six mois, Roxanne Verron travaillait dans une maison d’édition de Beyrouth. Le 4 août 2020, ses anciens locaux ont été ravagés par l’explosion ; leur rue complètement détruite
, raconte la jeune femme de 28 ans rentrée au Mans en mars 2020, après trois ans au Liban.
Tous mes amis, mes proches, mes anciens collègues vont bien physiquement mais c’est traumatisant
, raconte-t-elle, rassurée, mais choquée par cette catastrophe qui s’ajoute à la crise sanitaire, économique et politique libanaise.
« Je ne peux pas rester les bras ballants »
Après le 4 août, Roxanne Verron a traversé plusieurs émotions : Au départ, c’est la peur, la panique, la sidération. Les images et les descriptions sont terrifiantes. Puis c’est la tristesse. Et la colère s’installe.
Démunie face à l’ampleur de la catastrophe, on peut rester sans voix mais pas sans agir. Je me suis dit : qu’est-ce que je peux faire ici, au Mans ?
D’où l’idée de cette collecte inspirée par l’opération Les valises pour Beyrouth.
Une action lancée par plusieurs Franco-Libanaises de Paris. L’idée est de travailler en lien avec trois ONG locales solides, apolitiques et de confiance
, selon Roxanne Verron : la Croix Rouge, Arc-en-ciel et Meghterbin Mejtemiin. Comment ? En lançant un appel aux dons.
Les besoins : des médicaments disponibles sans ordonnance, du matériel médical (masques chirurgicaux, produit désinfectant, pansements, bandages, compresses…), des produits d’hygiène (savon, shampoing, serviettes hygiéniques, tampons…), des produits pour bébé (couches, lait, lingettes, biberons, tétines, nourriture…), des denrées non périssables, des fournitures scolaires mais aussi des valises.
Une aide directe aux Libanais
Ces dernières, remplies des dons recueillis, sont confiées à des voyageurs qui quittent Paris pour le Liban. À Beyrouth, les valises sont réceptionnées par les trois associations qui soutiennent les sinistrés. L’État libanais est très, très corrompu, d’où l’idée de passer par des ONG, des initiatives citoyennes
, explique Roxanne Verron.
Lundi 17 août 2020, douze jours après leur appel aux dons, les organisatrices de cette action annonçaient avoir envoyé 142 bagages.
De son côté, Roxanne Verron a déjà reçu quatorze valises de l’entreprise sarthoise GMS diffusion, fabricant de bagages. Elle fait désormais appel à la générosité des Sarthois. Une fois les valises remplies, la Mancelle les emmènera à Paris. C’est une technique simple, rapide et efficace
, résume-t-elle. Il y a urgence.
>>> Où donner ?
Les dons peuvent être apportés dans trois sites du Mans : les lundis et jeudis matins de 9 h à 11 h au restaurant libanais Layali, 34, rue du docteur Leroy ; ce mardi 25 août de 15 h à 19 h au 176, avenue François-Chancel, ou tous les après-midi à partir du mercredi 26 août de 15 h à 19 h à la maison Scarron à côté de la cathédrale Saint-Julien (1, place Saint-Michel). Les locaux en face de la cathédrale nous sont prêtés par le diocèse du Mans, ému par la cause et solidaire, mais la collecte est 100 % citoyenne
, précise Roxanne Verron. On récolte pour aider tous les Libanais sans distinction religieuse ni d’aucune sorte, évidemment.
Plus d’information auprès de Roxanne Verron (tél. 06 66 39 90 90, mail roxanne-v@hotmail.fr) et Sana Atme (tél. 06 24 07 64 29, mail : sana.atme@gmail.com), mais aussi sur les pages Facebook et Instagram « Les valises pour Beyrouth ».
À Paris, les organisatrices de cette action ont également ouvert une cagnotte sur le site internet lepotcommun.fr. Elle a pour but, écrivent-elles, d’acheter du matériel médical pour les hôpitaux, de financer l’achat de bagages supplémentaires sur les vols de nos voyageurs, d’acheminer en cargo les dons de portes et fenêtres
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