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Le Mans. Les plantes sont invitées à fleurir les trottoirs1 |
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Le Mans. Les plantes sont invitées à fleurir les trottoirs
La ville souhaite végétaliser l’espace public avec l’aide des Manceaux. Jardinières, trottoirs découpés ou encore semis dans les interstices, plusieurs solutions sont offertes.
La mairie propose aux Manceaux de transformer les rues de la ville. Il est pssible pour les habitants qui le souhaitent de faire casser une bande de 20 cm de largeur devant leur maison pour y loger des plantes. Ce sont les services de la ville qui s’occupent du travail de manutention. Celui du jardinage est à la charge du propriétaire.
Emmanuel Viton, gérant de la Distillerie du Sonneur, au 7 rue du Vert-Galant, a tout de suite été séduit par l’idée. « J’ai 12 mètres de façade. Je suis une entreprise agricole bio. Ma distillerie est une ferme urbaine située dans une rue très minérale »
, constate ce dernier. Il lui semblait donc naturel d’amener de la végétation au pied de son entreprise. « Je souhaite y mettre des plantes aromatiques et des fraisiers. Il y aura des glycines et des fleurs sur les balcons. C’est aussi une vitrine de mon travail »
, ajoute celui qui veut remettre un peu de vie dans sa rue, « atténuer la séparation urbain – rural »
.
Une largeur de 1,40 m restant obligatoire
Depuis qu’il a fait sa demande auprès de la mairie, en février, Emmanuel Viton a reçu un accord de principe.
Certaines conditions sont requises : il faut une largeur de trottoir restante d’1,40 m. « Lorsque c’est inférieur, nous ne pouvons autoriser les plantations car les fauteuils et les poussettes doivent continuer à circuler »
, indique Bernard Breux, élu du Mans, délégué à la nature en ville.
Pour le moment, « sur sept demandes que nous avions reçues, trois seulement étaient réalisables, notamment en raison de la largeur de trottoir. Une est en cours de traitement. Nous sommes encore en phase d’expérimentation »
, ajoute l’élu.
« Les démarches peuvent paraître lourdes car il faut passer par une demande d’autorisation de travaux car c’est sur le domaine public. De plus, il est nécessaire de vérifier qu’il n’y a pas de branchement d’eau »
, précise Bernard Breux. Même démarche pour mettre une jardinière. Une autorisation doit être déposée auprès du service Nature en ville. « Au Mans, nous avons des rues particulières dont les maisons ont des marches et empiètent sur le trottoir. Là, il est possible de fixer des jardinières au pied du mur sans que cela ne gêne les usagers. »
Pour avoir des fleurs devant chez eux le printemps prochain, ce dernier conseille aux habitants de réaliser leur demande en septembre. « Le temps d’instruire le dossier ce sera le bon moment pour semer. Vers novembre »
, assure-t-il.
Une charte de végétalisation
Du côté des plantes, la mairie a rédigé une charte de végétalisation. « Les plantes urticantes, à épines, invasives, toxiques, illicites sont à proscrire »
, peut-on y lire. « On évite aussi les arbustes et les plantes avec trop de racines qui pourraient abîmer les fondations de la maison. Cela peut paraître évident mais c’est toujours bon de le rappeler »
, sourit Bernard Breux.
Cette charte rappelle aussi que les produits phytosanitaires et les engrais minéraux sont strictement interdits. Il est recommandé de « désherber manuellement et recourir à des méthodes de jardinages écologiques »
.
Le cas particulier du Vieux-Mans
La Cité Plantagenêt est un cas particulier avec ses pavés. « Nous avons d’ores et déjà reçu un dossier. Nous sommes encore en train de réfléchir à la façon dont on peut procéder. Il s’agit d’enlever des pavés. Mais comment faire pour que ceux qui restent ne bougent pas ? C’est une question technique d’aménagement »
, tient à préciser le conseiller municipal.
Semer des graines dans les interstices
Tous les trottoirs n’ont pas la largeur suffisante pour être percés. « La mairie a distribué 1 000 sachets de graines. Là, où pousse un peu d’herbe, dans les interstices entre le mur et le trottoir, il est tout à fait possible de semer des fleurs. Toujours en faisant attention à ce que cela n’empêche ni ne gêne la circulation »
, rappelle le délégué à la nature en ville.
Ainsi, dans certaines rues (celle de Valmy est un bon exemple), des roses trémières et autres plantations sans trop d’entretien ont fleuri. « Il existe des opérations balcons fleuris au Mans depuis très longtemps. C’est assez symbolique. Le principe est d’inciter les gens à fleurir »
, conclut Bernard Breux.
Pauline LE DIOURIS
Montpellier fournit des plantes grimpantes et percent des trous de 20 cm , les gens arrosent......