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Le Mans. La tumultueuse histoire du Grenier à sel

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photo le commissaire-priseur s’apprête à vendre une magnifique singer de 1934, au grenier à sel. © archives ouest-france 5

Le commissaire-priseur s’apprête à vendre une magnifique Singer de 1934, au Grenier à sel. © Archives Ouest-France

Trésors d’archives. En cette période de confinement, Ouest-France vous propose de revivre ensemble des moments forts et de beaux souvenirs. Aujourd’hui, l’histoire du Grenier à sel du Mans qui aurait bien pu s’arrêter il y a 40 ans.

Un coup de machine magique et hop ! nous voilà au beau milieu du public de la grande vente aux enchères qui se tient ce vendredi 12 juin 1970, au Grenier à sel, place de l’Éperon.

La ville est en effervescence depuis le début de la semaine car, demain, sur le circuit de la Sarthe, les pilotes prendront le départ de la 38e édition des 24 Heures du Mans. Et tout le monde sait, ici, que la vedette américaine Steve McQueen qui prépare un film sur la course, est déjà arrivé.

L’été n’est pas encore arrivé mais il fait déjà chaud au Grenier à sel. Au milieu de la foule en bras de chemise et petits pulls, nous apercevons, de dos, maître Dubreuil. Dans quelques instants, il procédera à la vente d’une magnifique “Singer type Le Mans-Spécial 24 Heures du Mans”, de 1934. C’est le joyau du très bel ensemble de voitures anciennes inscrit au catalogue du jour. Il y a là une Peugeot Torpedo de 1929, une Ford T de 1918, une Delahaye de 1925…

Mais voilà que le spectacle commence ! Le commissaire-priseur ne ménage pas sa peine pour faire décoller les enchères. Rien à faire. L’assistance de curieux ne bronche pas. Pas un bolide ne sera vendu ce jour-là ! “Les vieilles voitures n’intéressent plus personne” assène alors sèchement le journaliste d’Ouest-France, présent à la vente.

Mai 1980, le Grenier à sel est condamné

Cette anecdote nous apprend – ou nous rappelle, selon l’âge et la passion – que le Grenier à sel n’a pas toujours été un restaurant. Un léger “retour vers le futur” de dix ans, va même nous faire revivre le moment fatidique où il aurait dû disparaître à tout jamais… On y va ?

Nous voici donc maintenant sur les bancs du conseil municipal de la mi-mai 1980. Le docteur Lelièvre vient de faire lecture d’un rapport d’experts à propos de ce Grenier à sel « sans intérêt majeur » qu’il conviendrait d’abattre. D’autant que, depuis le récent transfert de l’Hôtel des ventes rue de Wagram (où il se trouve toujours), il ne sert plus à rien.

L’adjoint à la culture semble découvrir la nouvelle à mesure qu’il la lit et ne cache pas son embarras. Ni son amertume. C’est que, bien que “complètement pourri” et impossible à restaurer selon l’étude, ce bâtiment, construit dans les années 1730, est cher au cœur des Manceaux. Des voix s’élèvent çà et là, dans la salle municipale. « Ne peut-on pas simplement le mettre hors d’eau ? » « Est-il vraiment indispensable de le détruire ? »… Et puis, 1980 est « année du patrimoine ». Ce n’est peut-être pas le moment de raser le Grenier…

Sauf que celui-ci contrarie les plans des urbanistes qui ont prévu de faire passer l’axe Éperon-Jacobins sur son « corps ». L’article qui paraît le lendemain dans Ouest-France conclut donc, pessimiste : “Le Grenier à sel est bel et bien condamné. Reste à prononcer la sentence”.

Mais, quelques mois plus tard, coup de théâtre ! La municipalité décide de garder son Grenier à sel et, fin décembre 1981, elle vote même un budget de 110 000 francs pour sa restauration.

Restait à savoir ce qu’on allait faire de lui ! Comme son nom l’indique le Grenier à sel a d’abord été… un grenier à sel ! Ces bâtiments étaient autrefois des entrepôts où était conservé le sel de la fameuse gabelle créée au XIVe siècle par Philippe VI. C’était aussi là qu’étaient jugés une partie des litiges liés à cet impôt très impopulaire sur le sel.

À la Révolution, le bâtiment se reconvertit dans le commerce du grain. Un siècle plus tard, il commence une carrière d’entrepôt pour une importante maison de commerce du quartier.

Sous la bonne étoile de la restauration

En 1982, la municipalité envisage d’y installer l’atelier de sculpture monumentale des Beaux-arts. Problème : il faudrait pratiquer des ouvertures dans le toit pour offrir un meilleur éclairage mais le Service départemental de l’architecture et les Bâtiments de France n’y sont pas favorables.

Le Grenier à sel va pourtant subir une opération lourde. Le 22 mars 1983, les pelleteuses l’amputent de la partie nécessaire au réaménagement de la place de l’Éperon. La façade que nous voyons aujourd’hui n’est donc pas exactement celle des origines.

Après quelques années d’inactivité, et de sacrés travaux menés par l’entreprise Pavy, le Grenier à sel entame une nouvelle vie le 16 octobre 1985, jour où le chef étoilé de Coëmont, André Plunian, et son épouse y ouvrent un restaurant.

Depuis, les propriétaires se sont succédé mais le célèbre Grenier à sel du Mans n’a jamais lâché sa toque.

 
Ouest-France  

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