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Le Mans. L’hydrogène au cœur des rues de la ville... |
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Ce lundi 10 juin, place Aristide-Briand au Mans, seront présentés au grand public un bolide et un bus électriques qui carburent à l’hydrogène. © Archives
Ce lundi 10 juin seront présentés aux Manceaux un bolide et un bus électriques qui carburent tous les deux à l’hydrogène. L’occasion de faire un point sur cette technologie qui se veut verte.
Comme une mise en bouche des 24 Heures du Mans… Défileront dans les rues du Mans, lundi 10 juin, un bus à hydrogène et le prototype développé par l’ACO et l’entreprise GreenGT. Le public est ainsi invité à se rendre, à 18 h, place Aristide-Briand, pour suivre la parade jusqu’à celle de la République. Une manière pour la Ville et Le Mans Métropole d’enclencher la deuxième et d’accélérer la transition énergétique. Le cap est clair : faire du Mans, la ville leader de l’innovation écologique en France.
Comment fonctionne un moteur à hydrogène ?
Qu’il s’agisse d’une voiture de course ou d’un bus, le moteur à hydrogène fonctionne de la même manière. Pour faire simple, le véhicule a besoin d’un réservoir à hydrogène sous pression et d’une prise d’air qui permet directement de récupérer l’oxygène. C’est la combinaison des deux, via une pile à combustible, qui permet la production d’électricité. Cette pile « porte mal son nom, tient à signaler Bernard Niclot, consultant pour l’Automobile club de l’Ouest. Le processus ne brûle rien. Seule de l’eau (totalement pure) est rejetée dans l’atmosphère. »
En somme, il s’agit d’abord d’un véhicule électrique. À la différence près que « l’électricité n’est pas stockée dans des batteries, mais est consommée sitôt produite ».
Quels sont les principaux freins au développement de l’hydrogène ?
La technologie de l’hydrogène est maîtrisée, mais encore jeune. Bernard Niclot rappelle que les premières expérimentations remontent à la conquête spatiale, dans les années 1950. Elle est, selon lui, « une solution qui coche toutes les cases au niveau de la mobilité » : énergie propre, bonne autonomie et ravitaillement rapide.
Elle rencontre néanmoins encore « deux obstacles » pour être exploitée à plus grande échelle : le volume très imposant des réservoirs d’hydrogène et son coût élevé.
Quels sont les principaux débouchés envisagés pour les transports à hydrogène ?
L’Europe mise pour l’heure sur « les voitures de série, le transport collectif et celui des marchandises » , énumère Bernard Niclot. Cela ne signifie pas pour autant que le prototype développé par GreenGT Technologies ne sert qu’à faire des tours de circuit. Bien au contraire se réjouit l’expert : « La course est d’abord un moyen de démontrer l’efficacité, la fiabilité de cette technologie et de la faire connaître du grand public. »
Puis l’échéance de 2024 agit comme « un formidable accélérateur de développement, poursuit-il. La puissance des piles dont on a besoin pour une compétition de ce type est équivalente à celle dont on a besoin pour les poids lourds ».
Comment les bus à hydrogène circuleront sur Le Mans ?
Le bus présenté ce lundi n’est pas tout à fait le même que celui que Stéphane Le Foll veut mettre en circulation au Mans, cette année. Il s’agit d’un bus de démonstration fourni par le constructeur français Safra : « Long de 10 m, il est sensiblement plus petit qu’un bus classique de 12,5 m », précise Jean-Paul Pringuet, directeur de la Setram. L’engin sera donc rapatrié au siège de l’entreprise après la parade des pilotes.
Le Mans Métropole a commandé au même constructeur son premier bus à hydrogène. Le bon, celui-là , devrait circuler courant novembre 2019. « Ça sera tout d’abord une expérimentation. Si elle se révèle concluante après une année, nous envisagerons d’en acheter une dizaine, indique-t-il. La Setram et Le Mans Métropole préfèrent, en effet, rester prudents le temps que la technologie fasse ses preuves. Le prix d’un bus à hydrogène est estimé au double d’un bus conventionnel (300 000 €).
Une première station hydrogène va aussi être créée cette année. La production sera double puisqu’une pompe sera dédiée aux bus et l’autre au grand public. Elle sera située « sur le terrain de l’aérodrome, à côté de la station Total », précise le directeur de la Setram.
Une seconde station, plus grande pour approvisionner la dizaine de bus attendue, est encore à l’étude.