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Le Mans. Fermetures de magasins dans le centre : « Le commerce des années 70-80, c’est fini »1 |
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Le Mans. Fermetures de magasins dans le centre : « Le commerce des années 70-80, c’est fini »
Le président de l’association « J’aime le commerce de proximité » s’inquiète du nombre de commerces fermant en centre-ville. Il demande aux propriétaires de baisser leurs loyers et plus de souplesse aux banquiers.
Philippe Guider est le président de l’association « J’aime le commerce de proximité » depuis sa création, en janvier 2017.
Aujourd’hui, 145 commerçants sont adhérents et l’association est devenue une interlocutrice de la municipalité, tout comme Mansea, autre association qui vient de se donner un nouveau président avec Arnaud Gaultier.
Pour Philippe Guider, les fermetures de commerces doivent interpeller.
Le Maine Libre : « Depuis longtemps, vous tirez la sonnette d’alarme et certains vous reprochent de faire du catastrophisme… »
Philippe Guider : Il suffit de regarder les chiffres. En l’espace de cinq ans, il y a eu 85 fermetures de commerce, sans parler des quartiers que nous n’avons pas comptabilisés. C’est une réalité. Dans les prochaines semaines, il faut s’attendre à d’autres fermetures. Le mouvement des gilets jaunes a laissé des traces. Beaucoup de clients ne viennent plus en centre-ville le samedi après-midi.
La baisse du pouvoir d’achat, les gilets jaunes, etc. Ne faut-il pas aussi chercher d’autres explications ?
Le commerce de proximité doit s’adapter à ses clients. Le commerce des années 70-80, c’est fini. Au Mans, 80 % des commerçants indépendants ne se mettent pas au digital. Avec Facebook et Instagram, il y a une visibilité dont il ne faut pas se priver. Je dis toujours que si vous voulez être dans le commerce du XXIe siècle, prenez-vous en main. Soyez solidaires, travaillez ensemble, améliorez le service au client.
Vous dénoncez également le coût des loyers.
« Nous demandons une baisse immédiate de tous les loyers pour les locaux vides et pour les commerçants en difficulté. Et surtout, au bout de deux ans de vacance, il faut appliquer une taxe sur les locaux vides. La municipalité et les impôts doivent y veiller. Un commerce vide depuis des mois fragilise tous ceux qui sont autour de lui. A la rentrée, nous prévoyons de mettre en ligne chaque local vide et son propriétaire. »
Votre diatribe s’adresse également aux banques…
Elles sont beaucoup trop frileuses ! Elles ne donnent pas leur chance à des jeunes qui veulent entreprendre. En ne les finançant pas, elles détruisent. Or, leur rôle c’est de construire. Le risque se partage. Actuellement, il ne l’est pas.
L’accessibilité au centre-ville est l’un de vos combats.
Si l’on veut que la clientèle revienne en cœur de ville et dans les quartiers, il ne faut pas de difficulté d’accessibilité. Les tarifs des parkings sont dissuasifs.
Vous mettez en avant le drame humain qui accompagne toute fermeture de commerce.
Quand un commerce ferme, qui s’en préoccupe ? Personne. Tout se passe dans l’indifférence la plus totale. Pourtant, ceux qui sont concernés ont besoin de parler à quelqu’un.
Quelles sont vos relations avec Manséa, l’autre association de commerçants du Mans ?
Les deux associations restent autonomes. Mais elles se parlent et nous nous exprimons d’une seule voix sur les dossiers que nous préparons ensemble. Chacune a ses idées et son domaine de compétence.
Propos recueillis par Didier FOUQUET
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En meme temps le centre ville est pourri par l'insecurité grandissant... Et surtout par les parkings payants... Seul endroit au Mans où tu ne peux pas te garer tranquille vu que les amendes tombent facilement.
En dehors du centre on peut se garer comme des pieds.. a proximité un carrefour... d'un passage pieton... On risque pas d'amende mais c'est dangereux !