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Le futur porte-avions, construit près de Nantes, s’appellera le « France Libre », annonce Emmanuel Macron... |
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Le porte-avions de nouvelle génération vient de recevoir son nom de baptême. © Naval Group
Son allocution à Naval group-Indret, près de Nantes était très attendue : le président de la République vient de dévoiler le nom du porte-avions nouvelle génération (Pang) qui succédera en 2038 au Charles de Gaulle : il s’appellera le « France Libre ». Voici comment a été choisi ce nom.
Ce sera le France Libre. Fin du suspense, ce mercredi 18 mars, autour du nom choisi pour le successeur du porte-avions Charles-de-Gaulle. Emmanuel Macron a dévoilé son choix lors de son discours prononcé chez Naval Group Indret (Loire-Atlantique). Une décision très politique car le nom d’un porte-avions, véritable ambassade flottante, est un fort signal donné au monde. C’est une décision entièrement dans la main du président de la République,
avait expliqué lundi 16 mars Damien Appriou, capitaine de Vaisseau à l’État-Major particulier de la présidence de la République.
J’ai souhaité inscrire son nom dans la filiation du Général de Gaulle
, a détaillé Emmanuel Macron, lors de son déplacement chez Naval Group Indret. L’esprit français, c’est un esprit de résistance, une volonté que rien n’arrête, une volonté de résister pour demeurer libre. Une volonté qui, comme notre porte-avions, peut prendre les mers jusqu’à la victoire. » Le nom choisi fait référence à la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale. « Dans ce nom, passe la mémoire des femmes et des hommes qui se sont dressés face à la barbarie, unis pour sauver la patrie, déterminés à défendre une certaine idée de notre nation.
Jusqu’ici, tous les porte-avions français avaient toujours reçu des noms propres. Les huit porte-avions précédents déjà armés par la France portaient les noms suivants : le Bapeaume (1920-1936), le Béarn (1928-1945), l’Arromanches (1948-1974), le La Fayette (1951-1963), le Bois Belleau (1953-1960), le Clemenceau (1961-1997), le Foch (1963-2000) et le Charles-de-Gaulle toujours en service.
Cette fois-ci, le lancement officiel de la construction du PANG coïncide avec les 400 ans de la Marine Nationale, dont la date de fondation, 1626, correspond à l’année de signature de l’édit de Saint-Germain-en-Laye : il a unifié les marines françaises sous une seule autorité, celle de Richelieu. Ce nom-là avait été pressenti. Mais il figurait aussi dans les promesses de campagne de la candidate Marine Le Pen (RN) en 2017, ce qui a pu perturber le choix, car le nom se devait non clivant.
De Lucie Aubrac à Vauban
Au petit jeu des pronostics, beaucoup de propositions ont circulé. Notamment celui de Lafayette, officier français ayant participé à la guerre d’indépendance des États-Unis. Dans le contexte géopolitique, ce nom était bienvenu pour rappeler aux Américains qu’ils doivent leur liberté à cet officier français. Parmi les autres personnalités et figures françaises ont également été évoqués ceux de Vauban, l’architecte militaire de Louis XIV, ou de personnalités comme Lucie Aubrac, résistante française, ou Philippe Leclerc, élevé au rang de Maréchal, après avoir commandé la 2e Division Blindée en 1944-45. C’est d’ailleurs bien finalement une référence à cette période de l’histoire qui a été retenue.