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La voiture reste un grand émetteur de CO2, surtout en milieu rural... |
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En Pays de la Loire, la voiture est utilisée par huit actifs sur dix pour se rendre à leur travail, révèle une étude de l’Insee. © Photo d’illustration - archives Le Maine Libre - Denis LAMBERT
L’Insee Pays de la Loire publie ce mardi 25 novembre 2025 une étude sur les déplacements domicile-travail dans la région et leur impact sur les émissions de CO2. La voiture, utilisée par huit actifs sur dix, est à l’origine de 98,5 % des gaz à effet de serre liés à ces trajets. Mais, sans surprise, de grandes disparités géographiques existent.
Dans la région Pays de la Loire, huit actifs sur dix utilisent la voiture pour aller travailler, un mode de transport polluant qui génère la quasi-totalité des gaz à effet de serre liés aux trajets domicile-travail. C’est l’enseignement principal d’une étude intitulée  La voiture, premier moteur des émissions de CO2Â
, publiée ce mardi 25 novembre par l’Insee Pays de la Loire, qui livre des données très intéressantes, mais sans surprises, valables pour l’année 2022. Le Maine Libre a sélectionné les principales.
108Â km en moyenne par semaine
1,5 million d’actifs en emploi se déplacent pour se rendre au travail. Chaque semaine, ils parcourent 108 kilomètres (km) en moyenne. Ces trajets émettent 21 600 tonnes de gaz à effet de serre (GES) en équivalent CO2 (CO2e). Chaque actif génère en moyenne 14,0 kg de CO2e par semaine pour aller travailler, légèrement plus qu’en France de province (13,6 kg). Ainsi, il émet 726 kg de CO2e, soit l’équivalent des émissions d’un aller-retour Nantes-Marrakech en avion. Par départements, c’est en Vendée que les émissions sont les plus élevées et en Loire-Atlantique qu’elles sont les plus faibles.
Huit actifs sur dix vont travailler en voiture
La voiture, utilisée par 80 % des actifs pour aller travailler, génère 98,5 % des émissions de GES liées aux déplacements domicile-travail dans la région. 10 % des actifs marchent ou prennent le vélo (aucun GES), 7 % empruntent les transports en commun et moins de 2 % choisissent un deux-roues motorisé. La voiture représente 54 % des déplacements de moins de 2 km.
Les émissions de GES fortes dans le rural éloigné
 Les émissions par actif pour aller au travail augmentent à mesure que l’on s’éloigne des grandes agglomérationsÂ
, livre l’Insee Pays de la Loire.  Un usage plus systématique de la voiture individuelle, combiné à des distances domicile-travail plus longues dans les communes rurales, explique notamment ce phénomène.Â
C’est dans le nord de la Loire-Atlantique qu’on trouve les communes où les niveaux d’émissions sont les plus élevés, en raison des longs trajets effectués en voiture pour rejoindre Nantes ou Saint-Nazaire.
Dans les communes rurales éloignées des grands pôles urbains comme Loir-en-Vallée (Sarthe),  un actif émet en moyenne 19,2 kg de CO2e par semaine pour aller au travail, soit 5,2 kg de plus que dans l’ensemble de la régionÂ
. Dans ces territoires, les trajets sont particulièrement longs, en moyenne 140 km hebdomadaires, les réseaux de transports collectifs sont peu présents et la voiture est omniprésente (92 % des actifs l’utilisent).
 37 % des actifs y sont ouvriers contre 25 % dans la régionÂ
, note l’Insee qui précise qu’ils utilisent davantage la voiture que les cadres. Explication :  Ils travaillent plus fréquemment en horaires décalés et leurs conditions d’emploi sont rarement compatibles avec le télétravailÂ
. Dans les communes rurales situées à proximité des grands pôles,  un actif émet en moyenne […] 2 kg de moins que dans les zones rurales éloignéesÂ
, ajoute l’Insee.
La proximité des gares réduit peu l’empreinte carbone
Dans les communes rurales situées le long des lignes ferroviaires, 38 % des habitants vivent à moins de 10 minutes à pied d’une gare, comme à Noyen-sur-Sarthe (Sarthe). Dans ces communes, souvent éloignées des grandes agglomérations, les émissions ne sont que légèrement plus faibles que dans les zones rurales isolées : 18,2 kg de CO2e par actif et par semaine. Seuls 4 % des actifs utilisent le train pour aller travailler. Bien que modeste, le recours au train reste le plus élevé des espaces ruraux. La voiture demeure très largement utilisée, par 89 % des actifs.
Urbain dense : les émissions les plus faibles
Huit grandes communes urbaines, Nantes, Angers, Le Mans, Saint-Herblain, Rezé, Orvault, Avrillé et Coulaines, concentrent à elles seules 20 % des actifs de la région. Chacun d’entre eux émet en moyenne 6,2 kg de CO2e par semaine, les émissions les plus faibles de la région, révèle l’étude. Ensemble, ils génèrent 9 % des émissions régionales de GES liées aux déplacements domicile-travail, deux fois moins que les actifs des zones urbaines intermédiaires.
Dans ces communes, seuls 53 % des actifs se déplacent en voiture pour se rendre au travail et 23 % optent pour les transports en commun, soit trois fois plus que la moyenne régionale.  Dans l’urbain dense, 58 % des habitants vivent à moins de 10 minutes à pied d’une station de tramwayÂ
, souligne l’Insee, qui ajoute :  La majorité des actifs urbains travaillent dans leur commune de résidence : 63 % contre 34 % dans la région […] Cette proximité réduit fortement les distances parcourues et limite ainsi les émissionsÂ
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Dans l’urbain dense, les cadres sont surreprésentés (29 % des actifs), deux fois plus qu’au niveau régional, et génèrent moins d’émissions. Explication :  Ils bénéficient d’un niveau de vie plus élevé, qui leur permet plus facilement de se loger à proximité de leur lieu de travail. De plus, leurs emplois sont souvent compatibles avec le télétravail, ce qui réduit les déplacementsÂ
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La voiture, une habitude ancrée
Quelle que soit la distance entre leur lieu de travail et leur résidence, les actifs ont des habitudes bien ancrées et orientées vers la voiture, qui apporte une souplesse dans leurs déplacements au quotidien. Ce mode de transport est parfois au moins aussi rapide que le train, comme entre Angers et Laval, deux villes qui bénéficient pourtant d’une liaison directe. Mais cette dépendance à l’automobile concerne également des trajets très courts. Dans plusieurs petites villes ou bourgs ruraux comme La Ferté-Bernard (Sarthe), 67 % des déplacements de moins de 2 km sont réalisés en voiture.  Au-delà des choix personnels, plusieurs facteurs peuvent y contribuerÂ
, explique l’Insee dans son étude : localisation de zones d’activités en périphérie des centres et peu accessibles par d’autres modes de transport, aménagements moins favorables aux mobilités douces.