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La série culte « Peaky Blinders » revisitée dans un ballet rock envoûtant à la Seine Musicale... |
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La compagnie de danse anglaise Rambert incarne le ballet des Peaky Blinders et fait escale en France pour quelques dates. © Johan Persson
La salle de spectacle Parisienne accueille « Peaky Blinders : The Redemption of Thomas Shelby » pour vingt représentations exceptionnelles, jusqu’au 30 mars. Un ballet violent et énergique, imaginé par le danseur et chorégraphe français Benoît Swan Pouffer et le créateur de la série culte, Steven Knight.
Un vent venu d’outre-Manche souffle sur la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). À l’approche de la salle aux 3 200 spectateurs, les costumes trois-pièces et bérets plats se multiplient, les pintes de bière coulent à flots et l’accent anglais résonne. Tout ce joyeux monde est venu assister à l’une des vingt représentations exceptionnelles de Peaky Blinders : la rédemption de Thomas Shelby.
Une adaptation sur scène de la série britannique culte Peaky Blinders, créée par Steven Knight en 2013, qui narre l’histoire vraie d’une famille de criminels de la communauté gitane faisant régner sa loi sur la ville anglaise de Birmingham durant l’entre-deux-guerres. Des hommes violents, qui cachaient des lames de rasoir pour aveugler leurs ennemis (blind en anglais) dans la visière de leurs casquettes (les peaks).
Après six saisons et un film en préparation, le personnage charismatique de Thomas Shelby, joué dans la série par le désormais oscarisé Cillian Murphy, ressurgit donc sous la forme d’un ballet.

PEAKY BLINDERS by Knight, , Writer - Steven Knight, Choreographer and Director - Benoit Swan Pouffer, Music - Roman Gianarthur, Designer - Moi Tran, Lighting - Natasha Chivers, Costumes - Richard Gellar, Rambert, 2022. Johan Persson
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De l’écran à la danse
Un choix audacieux, dont le chorégraphe français Benoît Swan Pouffer est à l’origine. Amateur de la série, l’artiste rencontre il y a quelques années Steven Knight, qui lui commande un numéro de danse pour un festival qu’il organise sur les Peaky Blinders. Le résultat plaît tellement au scénariste anglais qu’il décide de faire apparaître la troupe dans un épisode de la saison 5 de sa série. Par envie de prolonger leur collaboration, Benoît Swan Pouffer demande à Steven Knight d’écrire une histoire qu’il mettra en scène avec la prestigieuse compagnie londonienne Rambert, dont il est le directeur artistique.
« On n’a pas voulu adapter la série sur scène , nuance toutefois le chorégraphe. J’ai surtout cherché à comprendre l’ADN de ces personnages et souhaité qu’on explique pourquoi ils sont si violents et complexes. » Les raisons de leur brutalité s’appellent la Première Guerre mondiale et les tranchées des Flandres, dans lesquelles commence le spectacle. Thomas Shelby et ses compagnons d’infortune survivent certes au combat, mais sont condamnés à vivre une vie sans âme, la leur étant restée sur le champ de bataille.
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Entre action et émotion
Mais Peaky Blinders, c’est aussi et avant tout une histoire d’amour. Celle de Tommy et de Grace. Une romance, ponctuée par une voix off surtitrée en français, qui prend vie sur scène à travers les somptueuses chorégraphies des dix-huit danseurs et une bande-son très rock, interprétée en direct par trois musiciens, dont un chanteur épatant. Avec sa guitare électrique, ce dernier joue l’anachronisme en enchaînant les titres de Radiohead, Anna Calvi, ou encore de Black Rebel Motorcycle Club. Et, bien sûr, Red Right Hand de Nick Cave, devenu le générique de la série.

PEAKY BLINDERS by Knight, , Writer - Steven Knight, Choreographer and Director - Benoit Swan Pouffer, Music - Roman Gianarthur, Designer - Moi Tran, Lighting - Natasha Chivers, Costumes - Richard Gellar, Rambert, 2022. Johan Persson
Des bars de Birmingham aux champs de courses, en passant par les cabarets sexy et enfumés des Années folles, le ballet enchaîne les tableaux et décors sans temps mort et sans jamais perdre la fluidité du récit, que les non-initiés à la série comprennent aisément. « C’est un spectacle très énergique, souligne Benoît Swan Pouffer, qui s’est entouré d’un coordinateur de combats pour l’occasion. Il y a beaucoup de sauts, de bagarres. C’est du ballet avec de la danse classique, du contemporain, mais aussi du hip-hop et plein d’autres influences. » Le tout, agrémenté de nombreux effets de pyrotechnie appuyant la dramaturgie.
L’ensemble est hypnotisant, sensuel, violent, et oscille entre la mélancolie et l’exaltation. « J’ai écrit beaucoup d’histoires, mais je n’en vois aucune autre qu’on aurait pu aussi bien transposer sur scène » , confie très justement Steven Knight. Alors, comme dirait Thomas Shelby : « Sur ordre des Peaky Blinders », si vous le pouvez, baissez la garde et laissez-vous surprendre par ce ballet envoûtant.
Billets disponibles sur peakyblindersparis.com. De 39 € à 109 €, à la Seine Musicale jusqu’au 30 mars.