La sélection littéraire de mars 2026... |
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La sélection littéraire de mars 2026 © AdobeStock
En ce troisième mois de l’année, marqué par la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, Maville vous propose une sélection littéraire qui met à l’honneur des héroïnes puissantes, audacieuses et déterminées à tracer leur propre voie. Personnalités réelles ou fictives, ces femmes se dévoilent dans des récits inspirants. Bonne lecture !
La Fille qui ne voulait pas se taire d’Abi Daré
C’est un roman puissant que nous propose Abi Daré avec La Fille qui ne voulait pas se taire. Vendue à 14 ans par son père pour devenir la troisième épouse d’un vieil homme, la jeune nigérienne Adunni voit se briser son rêve de poursuivre ses études pour devenir institutrice. De tragédies en violences, Adunni se retrouve chahutée et déstabilisée, mais décide que jamais elle ne sera réduite au silence. A force de détermination et de courage, elle compte bien s’affirmer et se construire. Les aventures, mésaventures et rencontres qu’elle fait vont peur à peu la forger et la guider vers ses ambitions. Dans ce récit à la première personne, Adunni raconte son histoire avec un langage imparfait mais sincère. Un choix stylistique particulièrement réussi : il rend la narration authentique et nous permet de suivre l’évolution de l’adolescente au fur et à mesure qu’elle apprend et gagne en confiance. Ce roman intense, c’est l’histoire de l’émancipation d’une jeune femme prête à tout pour faire entendre sa voix. A travers les mots d'Adunni, le récit met en lumière les obstacles auxquels sont confrontées de nombreuses jeunes filles, notamment au Nigeria, tout en laissant place à l’espoir et à la résilience. Une lecture saisissante à ne pas manquer !

Editions Harper Collins, 416 p., 9 € (format poche)
Le cercle de Lady Tan de Lisa See
Le Cercle de Lady Tan est un roman historique inspiré de la vie réelle de Tan Yunxian, une femme médecin ayant vécu au XVe siècle sous la dynastie Ming. De son enfance au crépuscule de sa vie, on suit le parcours, les joies, les peines et l’apprentissage de la médecine de cette femme issue d’une puissante famille dont le destin semble tout tracé par les traditions et les mœurs de l’époque. Cependant, poussée par sa passion pour la médecine et un élan de modernité, Tan Ynxian bouscule les codes pour donner vie à sa vocation : devenir médecin afin d'aider les femmes, dont la souffrance et les maladies sont souvent mal comprises et négligées. Le roman offre un éclairage précis sur la condition des femmes, la médecine traditionnelle chinoise et la solidarité féminine dans la société patriarcale chinoise de cette époque. On y découvre notamment la tradition du bandage des pieds, symbole de beauté et de statut social mais aussi source de douleurs et d’infirmité qui a marqué de nombreuses générations de femmes en Chine. À la fois instructif et émouvant, Le Cercle de Lady Tan est une lecture enrichissante qui éclaire un pan du passé tout en résonnant avec des préoccupations contemporaines. Une vraie pépite littéraire.

Editions Albin Michel, 464 p., 22,90 € (format broché)
Le livre de Joan de Paul Thurin
On fait un saut dans le Moyen-Âge avec Le livre de Joan, roman historique inspiré de l’histoire vraie de Joan de Leeds, une nonne éprise de liberté qui, en 1318, décide de s’évader de l’abbaye bénédictine de Saint-Clément à York, en Angleterre, en simulant sa propre mort, avec la complicité de quelques sœurs… De l’abbaye qui l’a vue grandir jusqu’à Londres, récit de la quête de liberté et de de plaisir d’une jeune femme espiègle en décalage avec son temps. Sur la route, elle rencontre des personnages aussi atypiques qu’attachants, qui l’accompagnent sur le chemin de l’émancipation. Mais Joan doit rester sur ses gardes car très vite, la sévère abbesse se rend compte de la supercherie et n’a plus qu’un objectif en tête : la ramener de force entre les murs du couvent. Parviendra-t-elle à préserver sa liberté ? En partant d’un fait réel à l’issue inconnue, Paul Thurin imagine la personnalité et la destinée de Joan de Leeds, tout en offrant un roman qui résonne avec les aspirations féminines d’hier et d’aujourd’hui.

Editions Stock, 360 p., 22 € (format broché)
Voyage d’une femme au Spitzberg de Léonie D’Aunet
Voyage d’une femme au Spitzberg (1854) de Léonie d’Aunet est un récit de voyage autobiographique de l’expédition scientifique qu’elle effectue en 1839 dans l’Arctique – un fait rare pour une femme à l’époque. Elle est alors âgée de seulement 19 ans. Sous la forme de lettres adressées à son frère, la fiancée du peintre François-Auguste Biard, qui accompagne son futur époux sur une expédition scientifique à destination du Spitzberg au Svalbard, décrit chaque étape du voyage, mêlant récit d’aventure, observations géographiques et descriptions des peuples du Nord… dans une écriture au tempérament affirmé. Témoignage féminin rare au XIXème siècle, Voyage d’une femme au Spitzberg montre le regard d’une jeune femme cultivée qui observe le monde avec curiosité, audace et spontanéité. Léonie d’Aunet ne livre pas seulement un magnifique voyage vers les paysages du Grand Nord, elle ouvre aussi un chemin pour les femmes dans la littérature de voyage et dans l’histoire de l’exploration.

Editions Actes Sud (collection Babel), 336 p., 9,20 € (format poche)
Les mauvaises épouses de Zoe Brisby
Las Vegas, Nevada, au début des années 1950. L’Amérique, en pleine guerre froide, multiplie les essais nucléaires dans cette région qui en fait un atout touristique. Sur la base militaire chargée d’étudier la bombe nucléaire, les habitants se réjouissent de profiter du « spectacle » des lancers fréquents en organisant des « apéritifs atomiques ». Tous, sauf Summer, épouse docile et effacée du directeur scientifique de la base militaire NTS, qui tente de faire bonne figure. Mais toutes ses convictions volent en éclat le jour où elle fait la rencontre de sa nouvelle voisine : Charlie, une femme indépendante et rebelle. Dans une ambiance oppressante marquée par la chaleur du désert, la prédominance de la menace atomique et des personnages impétueux, le roman dévoile la relation qui se tisse entre Summer et Charlie, la remise en question des normes qui les entourent et leurs envies de liberté. Avec Les mauvaises épouses, Zoé Brisby s'aventure dans une fiction historique sombre et engagée, qui explore les thèmes de l'émancipation féminine, des violences conjugales et des dangers de la course à l'armement nucléaire.

Editions Le livre de poche, 384 p., 8,90 € (format poche)
Et vous, quelles sont les héroïnes qui vous inspirent le plus ou qui ont marqué vos lectures ? Ces romans trouveront-ils une place dans votre liste de lecture ? Partagez-nous vos coups de cœur dans les commentaires ci-dessous !
Nolwenn Le Torc'h