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La Sarthe reste à droite, la gauche gagne un siège... |
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© Dominique Breugnot
Ballon, Écommoy, Vibraye, passent à gauche. La droite conquiert Bouloire et Bonnétable. Le pari de la gauche n'est pas gagné, mais elle grignote un siège.
Il est 21h, une clameur monte devant le siège de l'UMP, au Mans. Jean-Marie Geveaux arrive... Une clameur à la hauteur du soulagement de la majorité départementale. Le conseiller général du canton Le Mans nord ville, élu avec 101 voix d'avance sur le socialiste Claude Jean, vient fêter sa victoire avec les siens. Jean-Marie Geveaux, c'était un symbole à sauver à tout prix. Le symbole d'un élu consciencieux, connu, reconnu, que la droite départementale ne voulait pas perdre. « C'est très bien pour lui, mais c'est très bien pour nous aussi, Jean-Marie c'est l'image de la droite dans le département », glissait un élu de l'opposition mancelle.
Pas de vague rose en Sarthe
Au-delà de ce symbole sauvé, la droite ne veut voir qu'une chose : la vague rose nationale n'a pas balayé la Sarthe. Avec un Premier ministre sarthois, « on n'avait pas le droit ». François Fillon peut être satisfait de ses soldats. L'honneur est sauf, le soulagement perceptible. La campagne du second tour prouve que l'inquiétude gagnait la majorité départementale. Rien que le formidable aréopage, Premier ministre en tête, pour aller soutenir vendredi soir le candidat de la majorité à Sillé-le-Guillaume montrait bien qu'on ne voulait prendre aucun risque. Ce prestigieux soutien n'y a rien fait : Michel Quillet, le radical de gauche bien implanté, a eu chaud, mais l'emporte de... 86 voix.
Petite marge également pour le socialiste Gérard Saudubray à La Suze. Jusqu'au bout, Stéphanie Lemonnier y a cru, mais le conseiller sortant sauve son siège de 267 voix.
Le seul canton « arraché » à l'autre camp au second tour, alors que le conseiller se représentait, c'est Ballon. Le canton cher au coeur du maire du Mans, qui y avait obtenu son premier mandat, revient dans le giron de la gauche, grâce au socialiste Yannick Rebré, qui écarte largement (850 voix) le sortant MPF soutenu par la majorité départementale Michel Terral.
La prime aux nouvelles têtes
Ailleurs, les basculements naissent de l'arrivée de nouvelles têtes. A Écommoy, les bisbilles pas très nettes entre les deux représentants de la droite empêchent le successeur désigné de François Jacob, son fils Emmanuel, de conserver le siège à droite et permettent au socialiste Bruno Lecomte, maire de Saint-Gervais-en-Belin, de tirer les marrons du feu. Bonnétable et Bouloire, où les deux sortants de gauche ne se représentaient pas, offrent un carton plein à la droite. A Bonnétable, il faut dire que Jean-Pierre Vogel avait raté le siège de cinq voix la semaine dernière. Et Michel Paumier, à Bouloire, de trois voix.
Plus compliquée semblait la tâche du maire socialiste de Vibraye dans son canton, avec une toute petite marge de manoeuvre dans le fief de Solange d'Harcourt. Au bout du compte, un écart de 132 voix offre un siège à Jacky Breton.
Quant aux trois autres cantons du Mans, le suspense n'était pas de mise et les scores des socialistes dépassent tous, sans surprise, les 70 %.
Bilan des courses : trois sièges gagnés à gauche, deux à droite. « On n'a pas réussi à prendre le département, reconnaissait le chef de file socialiste au département, Christophe Counil. Mais la stratégie de grignotage est en marche. On va y arriver ! La Sarthe à gauche, c'est possible, rendez-vous en 2011. »
Il faudra aussi convaincre les électeurs d'aller voter. Hier aux cantonales, le taux de participation sarthois était de 51,21 %. Pas encourageant.
Christine CORRE.