|
La nouvelle carrière de François Fillon après la fin de sa vie politique... |
1
François Fillon lors de son interview télévisée sur France 2, fin janvier. © AFP, Martin Bureau.
L’ex-Premier ministre a quitté la scène politique. Il mène une nouvelle carrière dans une société d’investissement en plein développement. Et œuvre pour les chrétiens d’Orient tout en préparant son procès, qui s’ouvre lundi 24 février 2020.
François Fillon ne reviendra pas en politique. L’ex-Premier ministre l’a confirmé le 30 janvier, lors d’une interview sur France 2 . Celui qui en quarante années de vie politique a occupé à peu près tous les postes de la République (maire, président de région, député, sénateur, ministre…), a en fait tourné la page dès le lendemain de sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle, en avril 2017.
La coupure avec le monde politique aura donc été nette et immédiate. Elle ne fut sans doute pas indolore pour autant. Le 12 décembre, lors d’un colloque qu’il organisait au Sénat, pour son association Agir pour les chrétiens d’Orient, François Fillon faisait cette confidence : « Je garde en souvenir mes quarante années d’engagement politique. J’ai donné tout ce que j’ai pu donner. J’aurais voulu, pour vous, faire mieux et faire plus encore. Maintenant, il ne faut pas ruminer le passé. Il faut être utile autrement. »
Il collecte des fonds
Autrement ? Cela passe notamment par son association qu’il tente de convertir en fondation et pour laquelle il a collecté des fonds ces derniers mois. Convaincu qu’il est que la défense de la paix au Proche-Orient passe par la défense des chrétiens d’Orient. Et ce 12 décembre, au Sénat, le parterre d’invités était prestigieux : le patriarche de Babylone, Louis Raphaël Ier Sako, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, l’ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, les philosophes Luc Ferry et Pascal Bruckner, sans oublier son ami politique de longue date, le sénateur vendéen Bruno Retailleau.
Sa nouvelle vie passe aussi par la société d’investissement Tikehau capital, dirigée par Mathieu Chabran et Antoine Flammarion. Il en est devenu l’un des associés et actionnaires, fin 2017. Dans les locaux parisiens de cette société cotée en Bourse, qui gérait fin 2019, un peu plus de 25 milliards d’euros d’actifs à travers le monde, il apporte son expertise des dossiers économiques. Et son carnet d’adresses internationales.
Il voyage à l’étranger
« Il voyage toujours beaucoup pour son travail et continue de voir d’actuels ou d’anciens responsables politiques. Il reste toujours très influent. C’est une voix qui est reconnue dans le monde »
, nous précisait, en janvier, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.
« Il contribue au développement international de la société. Il fait vraiment partie de l’équipe »
, précise-t-on dans l’entourage des dirigeants. Même si ces derniers se seraient sans nul doute bien passé de la publicité qui sera faite autour de François Fillon, lors de son procès pour détournements de fonds public, du 24 février au 11 mars. Tikehau capital publiera ses résultats annuels une semaine après la fin du procès…
Il prépare son procès
Pour autant, Alain Cadec, le président LR du conseil départemental des Côtes-d’Armor qui est resté en contact avec lui, l’assure : « François Fillon est épanoui dans ses nouvelles activités. Il a sans doute mis un certain temps à tourner la page politique. Ce qu’il a vécu l’a écœuré. Je ne parle pas du fond de l’affaire : les juges se prononceront. Je parle de la méthode : il a été mis en examen quinze jours après l’ouverture de l’enquête, c’est du jamais vu. Mais il reste combatif pour son procès. »
Au téléphone, les deux hommes parlent de politique, de courses automobiles aussi (une passion qu’ils partagent). « À la suite des ennuis de santé que j’ai eus, il m’a appelé pour prendre de mes nouvelles »
, a apprécié Alain Cadec qui est resté fidèle au candidat LR à la présidentielle.
François Fillon a donc changé de vie… Enfin presque. Le procès qui débute lundi, va replonger l’ex-Premier ministre dans son ancien monde de manière contrainte et forcée.