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La Flèche. Souvenirs et anecdotes d’un ancien conseiller funéraire... |
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La Flèche. Souvenirs et anecdotes d’un ancien conseiller funéraire
Aujourd’hui à la retraite, Christian Bardou a travaillé 20 ans comme conseiller funéraire, en région parisienne puis à La Flèche. Des enterrements, il en a fait quelques-uns. Certains sortent un peu de l’ordinaire. Et parfois, tout ne se passe pas vraiment comme prévu… Retour sur quelques souvenirs et anecdotes de ce métier dans lequel il est arrivé un peu par hasard.
Une famille qui se fait sermonner par le curé parce qu’elle arrive à l’église avec près d’une heure de retard, alors que le cercueil du défunt attendait au pied de l’autel. Une femme qui veut frapper une de ses deux filles pendant la mise en bière de son fils parce qu’elle est en guerre avec elle. « Il avait fallu la retenir… »
Les obsèques ne sont pas toujours de tout repos. Christian Bardou ne le sait que trop bien, lui qui a été conseiller funéraire durant une vingtaine d’années, en région parisienne puis à La Flèche.
Dans le trou avant l’heure…
Des souvenirs et anecdotes, ce retraité en a quelques-uns dans sa besace. Comme ce jour où, lors de la mise en terre d’un cercueil, c’est lui qui a fini dans le trou… « Je faisais le maître de cérémonie et porteur. Et pendant l’inhumation, un côté de la fosse s’est effondré et je suis tombé dedans. Heureusement que les trois autres ont tenu le cercueil, sinon je me le prenais dessus ! »
La défunte n’était pas la bonne
Ou encore l’histoire de la défunte qui n’était pas la bonne. « C’était dans une clinique. »
Lorsqu’il est descendu dans la salle où étaient exposés les défunts pour l’habiller, « à l’époque, on faisait ça »
, l’infirmière lui dit « ce n’est pas votre cliente. La personne avait été transférée dans une maison funéraire »
.
En fait, la police était venue auparavant poser un bracelet pour un transfert sans cercueil, mais il y avait deux dépouilles. Maos les policiers ne l’ont pas posé à la bonne personne. « Heureusement, on a pu la rapatrier. Mais il a fallu expliquer à la famille. »
Enterrements en fanfare
Heureusement, dans la très grande majorité des cas, les cérémonies religieuses se déroulent sans accroc. Parfois dans une ambiance un peu plus joyeuse. « J’ai fait un convoi avec un big band de jazz, qui est intervenu à l’église, puis au cimetière
, se souvient Christian Bardou. Dans une petite église sur les bords de Seine aussi, avec une famille de musiciens, pas connus. La cérémonie était ponctuée par les enfants qui jouaient du violon, du saxo, du piano. »
À La Flèche, une chorale de gospel avait accompagné le défunt à sa dernière demeure, d’abord à l’église Saint-Thomas puis au cimetière.
Une partie de cartes pour l’éternité
Et puis il y a les souhaits un peu particuliers. « Des gens qui choisissent d’être mis en bière, si l’on peut dire avec leur uniforme. Comme cette infirmière de l’ordre de Malte, un chasseur à courre, ou à La Flèche, un homme avec son costume de professeur honoraire du Prytanée. »
Dans le cercueil, on dépose aussi toutes sortes de choses, « nounours, dessins de petits-enfants, photos… »
. Christian Bardou se souvient d’une anecdote qui l’a marqué. « Dans les souhaits d’une défunte, elle avait demandé à être enterrée avec un jeu de cartes. Ce couple avait perdu un enfant très jeune. Ils s’étaient inscrits dans un groupe de parole et y avaient rencontré un autre couple dans le même cas. Ils ont sympathisé, et se retrouvaient régulièrement pour taper le carton. Il avait été convenu entre eux que le dernier ou la dernière qui partirait emporterait avec elle le jeu de cartes, pour le moment où ils se retrouveraient tous là -haut. »