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La Flèche. Les platanes du port Luneau sont en train de mourir... |
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Nicolas Chauvin, adjoint au maire chargé de la transition écologique et de l’urbanisme durable. © Le Maine Libre
Le long de la promenade Foch, sur le port Luneau à La Flèche, les platanes centenaires sont attaqués par le polypore hérissé. Un champignon redoutable. Dix de ces arbres doivent être abattus à partir du 7 décembre 2020, pour des raisons de sécurité. Pour les autres, une quarantaine, un suivi annuel est mis en place. Mais à terme, leur sort semble déjà scellé.
Le long de Port Luneau, rubalise et barrières de sécurité ceignent une dizaine d’arbres. En début de semaine prochaine, ces platanes centenaires vont être abattus. On ne le fait pas pour le plaisir, c’est toujours très triste »,
explique Nicolas Chauvin, adjoint au maire chargé de la transition écologique et de l’urbanisme durable. Mais pour des raisons de sécurité.
Les arbres sont malades, et représentent aujourd’hui une menace.
Une dégradation irréversible
En 2013, un diagnostic demandé par la Ville à l’Office national des forêts confirmait déjà le vieillissement de ces arbres. Ils ont dû être plantés vers le début du XXe siècle »,
estime Jérôme Legat, directeur adjoint des services techniques et du cadre de vie.
Cinq ans plus tard, l’expertise réalisée par l’ONF relevait une faiblesse générale de l’ensemble des platanes
. En 2020 enfin, le constat était encore plus dramatique : la dégradation des sujets les plus atteints est irréversible, leur abattage est donc nécessaire
.
Conserver ceux qui ne présentent pas de danger
Sur la cinquantaine d’arbres situés de part et d’autre de la promenade Foch, les dix qui sont le plus atteints doivent donc être abattus. Cela ne veut pas dire que ceux qui restent sont sains »,
prévient Nicolas Chauvin. Ils sont aussi malades, mais ne présentent pas de danger immédiat. Le but est de les conserver le plus longtemps possible.
L’élu reconnaît que ce que l’on a du mal à maîtriser, c’est la vitesse à laquelle cela va évoluer
. Pour Jérôme Legat, vu la vitesse de propagation du champignon, il faut s’attendre à ce que d’autres arbres soient abattus dans un an. Ce qui n’empêche pas un abattage d’urgence dans l’année, suite à un coup de vent par exemple
.
Une propagation par les racines
Ce champignon en cause, c’est le polypore hérissé. Ce n’est pas le seul agent pathogène »,
explique Jérôme Legat. Mais on sait qu’une fois qu’il est présent, l’arbre n’a plus aucune chance.
Un champignon létal donc, et qui se propage à vitesse grand V. Y compris entre les arbres. Ceux-ci étant plantés assez proches, il arrive à se transmettre via le système racinaire. Avec cette proximité, on sait qu’il est présent partout. Tous les arbres sont en danger.
Comment s’est-il introduit ? Ces arbres évoluent en milieu urbain. Un environnement immédiat perturbé à plusieurs reprises.
Les voitures qui stationnent, des travaux… ont pu entraîner des blessures au fil du temps. Ce qui permet à ces agents pathogènes de rentrer dans le système biologique de l’arbre
, signant ainsi son arrêt de mort.
Des affichettes pour expliquer
Les tronçonneuses vont entrer en action lundi 7 décembre matin. Le chantier, qui devrait durer trois jours, a été confié à une entreprise spécialisée.
L’opération ne devrait pas perturber la circulation le long de la promenade Foch. Le stationnement, en revanche, y sera interdit. Tout comme la circulation à pied le long du Loir.
L’abattage d’arbres suscite toujours une certaine émotion au sein de la population. Et de nos services »,
tient à ajouter Jérôme Legat. Aussi, la démarche est-elle expliquée sur des affichettes apposées au pied de ces géants verts, qui seront mis à terre dans quelques jours.
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