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La Flèche. Comment l’USF et le Racing utilisent leur subvention municipale... |
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Jean-Marc Turgné (à droite) a succédé à Marc Baron à la tête de l’Union des sports fléchois (USF) lors de l’assemblée générale qui s’est tenue en octobre 2020. © archives
Après Le Carroi, L’Union des sports fléchois (club omnisports rassemblant 10 sections) et le Racing club fléchois (football) sont les plus gros bénéficiaires des subventions municipales aux associations. Les présidents des deux structures témoignent du caractère crucial de cette aide financière. Des emplois en dépendent.
Dans son édition du 2 juillet 2021, Le Maine Libre évoquait les observations de la Chambre régionale des comptes invitant la municipalité de La Flèche à objectiver les critères d’octroi des subventions
. 643 929 € bénéficieront à 120 structures en 2021.
L’éventail des sommes versées est très large. Quand une société de boule de fort ou une association patriotique touchent 150 €, c’est 277 900 € qui vont au Carroi.
Derrière l’association culturelle, ce sont l’Union des sports fléchois et le Racing club fléchois qui figurent parmi les plus gros bénéficiaires des subsides communaux. Ces structures se voient verser respectivement 67 700 et 87 500 €.
« Comparer ce qui est comparable »
La publication de ces sommes a fait réagir Jean-Marc Turgné. Le président de l’USF déclare : Des montants sont mis en parallèle et ça peut être diversement interprété. Il faut comparer ce qui est comparable. Quelle est la structure d’une association qui touche 150 € par rapport à l’USF qui réunit environ 1 500 licenciés et gère cinq emplois salariés ?
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Le président de l’Union des sports explique ce que la subvention de 67 700 € apporte au club omnisports. L’USF, qui comprend dix sections sportives, gère l’emploi de neuf entraîneurs salariés en temps partiels. Ces neuf entraîneurs salariés représentent en fait cinq emplois temps plein pour un budget annuel de 140 000 €
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Les sections concernées sont le badminton, le basket, le canoë-kayak, la gymnastique et la natation.
Des résultats et du rayonnement comme retours sur investissement
La subvention municipale permet donc d’assumer près de la moitié de cette masse salariale. Ces emplois d’entraîneurs sont nécessaires pour répondre à la fois aux exigences de niveau de formation demandé par les fédérations mais aussi aux niveaux sportifs atteints et en développement pour les pratiques respectives. Les résultats sportifs et leur rayonnement sont là pour l’attester
poursuit Jean Marc Turgné.
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Outre les licences et le sponsoring, les autres sources de revenus pour les clubs sont les animations (tournois, lotos, galas…) qu’ils organisent.
La somme attribuée par la municipalité est la bienvenue car les diverses manifestations organisées de façon très active et efficace par les sections ne permettent pas de couvrir les frais de fonctionnement d’une saison
conclut le président de l’USF.
Foot : 27 % du budget
Ce souci de clarification anime également le président du Racing club fléchois. Kevin Fossey : Aujourd’hui, la mairie nous verse une subvention de 87 500 €. Cela représente 27 % du budget de notre association qui s’établit à 323 000 €
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Là aussi, l’aide municipale finance en partie l’encadrement. Cette subvention sert à accompagner 350 licenciés. Les accompagner par des éducateurs que nous devons former (obligation de la Ligue) et indemniser car pour une majorité d’entre eux ils sont diplômés. Ils sont plus d’une vingtaine. Nous avons également six salariés au club
détaille le président du club de football.

Kévin Fossey est le président du Racing club fléchois. Archives
Il poursuit : Ensuite, nous engageons des équipes au niveau régional, jeunes et seniors. Cela a un coût d’engagement et de fonctionnement (inscription, frais d’arbitrage, déplacements…)
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« Incontournable »
Kévin Fossey de conclure : Cette subvention est donc incontournable pour nous. Elle nous aide à mener notre rôle social, de formation et d’accompagnement. Si demain nous n’avions pas l’aide de la mairie, nous n’aurions plus le niveau de football que l’on connaît aujourd’hui et celui que l’on souhaite retrouver
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Des licenciés à reconquérir
Le soutien de la municipalité est encore plus précieux en cette période de crise.
À l’USF, on a perdu 25 à 30 % des effectifs selon les sections.
Si un club affiche un résultat financier négatif, les autres ont fait le dos rond. C’est une année blanche. On a eu des dépenses en moins et on a eu forcément des recettes en moins. Globalement, ça s’équilibre un peu
explique Jean Marc Turgné.
La mise en chômage partiel des salariés a permis au club omnisports de se constituer un fonds de réserve. Parce que c’est l’année prochaine qui nous inquiète le plus. La grande question, c’est comment les licenciés vont revenir ? Nos sections travaillent d’arrache-pied afin de faire revenir nos pratiquants vers les gymnases, terrains et piscine. La saison prochaine sera très difficile et déterminante pour leur avenir ».
Le forum des sports qui se tiendra le samedi 4 septembre s’annonce comme un rendez-vous très important de la rentrée.