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La coupe est pleine à l’hôpital du Mans : des dizaines de chirurgiens démissionnent1 |
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La situation se dégrade à l’hôpital du Mans. © archives Le Maine Libre
53 chirurgiens et anesthésistes du centre hospitalier du Mans annoncent qu’ils démissionnent de toutes leurs fonctions et responsabilités administratives dans une lettre adressée au ministre de la Santé, au directeur de l’ARS ainsi qu’aux élus sarthois.
C’est une prise de parole et une décision rares. 53 chirurgiens et anesthésistes annoncent qu’ils démissionnent de toutes leurs fonctions et responsabilités administratives.  Nous, chirurgiens et anesthésistes du Centre hospitalier du Mans, ne pouvons plus garantir la mission qu’un hôpital public doit remplir : une mission de service publicÂ
, écrivent-ils dans une lettre adressée au ministre de la Santé, au directeur de l’ARS ainsi qu’aux huit parlementaires sarthois, à la présidente du conseil régional, au président du conseil départemental et au maire du Mans.
60 lits fermés
Cette décision témoigne du ras-le-bol qui règne dans les couloirs de l’hôpital du Mans depuis plusieurs mois. Ces dernières semaines n’ont fait qu’accentuer une dégradation dans le service de chirurgie.
Comme un effet domino, les fermetures régulières des services d’urgence des centres hospitaliers de la Sarthe et de la Mayenne rendent la tâche des soignants trop difficile et  ont entraîné une mise sous tension progressive de tous les services de l’hôpital, en particulier ceux de la chirurgieÂ
. 60 lits (sur 150) de chirurgie conventionnelle auraient ainsi été fermés pour accueillir ces patients, faute de personnel paramédical pour ouvrir des lits de médecine.
« L’hôpital en hospice »
Pour le personnel des services de chirurgie, cet afflux de patients nécessite des soins adaptés à des pathologies auxquelles les infirmières ne sont pas toujours formées. Il s’agit d’une véritable maltraitance, nos équipes sont démuniesÂ
, indiquent les médecins qui ajoutent que depuis le 9 janvier,  ce sont plus de 110 interventions qui ont dû être déprogrammées du jour au lendemain faute de placeÂ
.
Aujourd’hui, aucune réponse ne leur est parvenue et  ce qui était encore une inquiétude il y a quelques semaines devient réalitéÂ
. Les chirurgiens et anesthésistes considèrent qu’il faudra réduire de 50 %  notre activité de chirurgie programmée nécessitant une hospitalisation d’au moins une nuit, comme par exemple, une prothèse de hanche, un pontage artériel, une chirurgie de la thyroïde ou de la prostateÂ
. Ils redoutent que  ce démantèlementÂ
de la chirurgie publique transforme à terme  l’hôpital en hospiceÂ
.
La situation est telle qu’ils considèrent qu’ils n’ont plus moyens  de prendre en charge nos patients dans des conditions de soins correctes et humainement supportablesÂ
.
Les médecins généralistes de l’hôpital du Mans ont fait part de leur soutien à la démarche des chirurgiens et anesthésistes.
Face à ce manque de personnel paramédical et médical, quand donc cessera enfin le refus ubuesque de réintégration des personnels non vaccinés, alors qu'ils ne demandent qu'à retravailler dans leur service et que la vaccination ARNm n'empêche (cela est désormais reconnu unanimement par toute la communauté scientifique) ni la transmission ni la contamination ? La France est le seul pays à ne pas réintégrer ces personnels réduits à la misère depuis le 15 septembre 2021 (depuis bientôt dix-huit mois) sans salaire, ni droits au chômage, ni droit au RSA.