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La Chartre-sur-le-Loir. Pierrick Bourgault : « Les bistrots manquent à notre époque »... |
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L’auteur et réalisateur Pierrick Bourgault au Café des arts à La Chartre-sur-le-Loir. © Le Maine Libre
Le Maine Libre : Votre film, qui dépasse les 2 000 spectateurs, a du succès en Mayenne, en Sarthe et vous l’avez déjà présenté en vallée du Loir…
Pierrick Bourgault : « Oui, à La Chartre-sur-le-Loir où il y avait eu 120 spectateurs en novembre. C’était aussi bien qu’à Mayenne peu de temps après. Mais il y a encore des gens qui n’avaient pas pu venir. Et puis je vais là où on me le propose. À la Brass’Vie et à Lhomme, c’est le cas. Quant au cinéma de Château-du-Loir, c’est une vraie salle avec une qualité de projection. Elle permettra d’accueillir ceux qui n’auront pas pu l’être dans les deux lieux précédents où la jauge est d’environ 40 personnes. Vous savez, c’est en vallée du Loir que j’ai photographié mes premiers bistrots. J’ajoute que le film a aussi été présenté à Locronan dans le Finistère au festival Silence, ça touille ! où il a obtenu le Prix du jury et va l’être près de New York dans un ciné d’art et d’essai » (lire ci-dessous).
Comment expliquez-vous un tel succès pour un documentaire sur la vie d’un bistrot manceau ?
« Le bouche-à-oreille fonctionne, certains spectateurs reviennent avec des amis. Les personnes qui connaissaient la Mère Lapipe retrouvent leurs souvenirs, les autres parlent d’un café semblable qu’ils ont connu, où ils ont passé du bon temps, d’une patronne ou d’un patron à la personnalité aussi forte que chaleureuse. Les souvenirs affluent : toute une vie rurale mais aussi dans les quartiers ouvriers. Les témoignages du public sont émouvants. Pour ces trois dates à venir, je présente en première partie un court-métrage réalisé en 1989 dans un café de Saint-Vincent-du-Lorouër qui est un morceau d’anthologie. Ces lieux de vie manquent à l’époque des écrans et du numérique. Avec l’Association des bistrots et cafés en France, on tente l’inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco, au titre de l’art de vivre. L’inscription au patrimoine français est déjà actée. »
Vos livres sur Jeannine – alias la Mère Lapipe – ont-ils du succès en parallèle ?
« Oui, le public veut en savoir davantage parce que Jeannine était touchante. Mon premier récit – La Mère Lapipe dans son bistrot – a intéressé plusieurs chaînes nationales puis j’ai écrit une BD avec Gab : La Mère Lapipe au Café du coin chez Ouest-France. Il est rare de rencontrer une personne aussi inspirante. Je tiens à associer localement les librairies qui vendent ces livres et mes autres titres sur les bistrots. Projections et causeries-dédicaces offrent toujours une occasion de rencontres. »
Pratique
Au fabuleux bistrot de Jeannine : projections précédées du court-métrage Histoires de cafés vendredi 20 février à 20 heures à la Brass’Vie de Jupilles (réservations par texto au 06 83 94 22 25), samedi 21 février à 20 heures au restaurant Chez Fred à Lhomme (02 43 46 10 65) et le vendredi 6 mars à 20 h 30 au cinéma Les Récollets à Château-du-Loir (Montval), suivi d’une causerie avec André Jaunay de l’association patoisante Heulà !