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L’entretien. Agnès Verdier-Molinié : « Réduire la masse salariale publique »3 |
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L’entretien. Agnès Verdier-Molinié : « Réduire la masse salariale publique »
Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFrap (Fondation pour la Recherche sur les administrations et les politiques publiques), un think thank libéral, préconise des mesures d’économie drastiques, notamment dans la fonction publique.
Elle n’est pas consensuelle et s’en accommode fort bien. Agnès Verdier-Molinié, la médiatique directrice de la Fondation iFrap (Fondation pour la Recherche sur les administrations et les politiques publiques) a fait de la chasse aux dépenses publiques son cheval de bataille.
Outre sa préconisation d’une diète sévère des services publics, elle dénonce une fiscalité française si pénalisante selon elle, qu’elle obère la richesse du pays et le dynamisme des entreprises, prêche la retraite à 65 ans.
Quel regard portez-vous sur la situation économique de la France alors que d’aucuns annoncent une récession ?
« Si une crise importante survient, du type de celle de 2008, la France en l’état actuel de ses finances publiques n’est pas armée pour l’absorber. Contrairement à l’Allemagne, notre pays s’est désindustrialisé sous l’effet d’une fiscalité des entreprises beaucoup trop pénalisante. Nous sommes dans une situation structurelle fragile, avec presque 100 % d’endettement et un déficit qui compte parmi les plus importants de la zone euro. La France n’est pas un pays bien géré. Un déficit structurel d’environ 50 milliards par an, hors phase de récession, n’est pas acceptable. »
Lorsque le gouvernement injecte 17 milliards après la crise des gilets jaunes, est-ce une façon de soutenir la croissance du pays ?
« Tout dépend comment l’on compte. Quand on intègre dans les baisses, des non-hausses d’impôts ou le retour à la situation antérieure (CSG pour une partie des ménages), on conclut qu’en net en 2019, les impôts des ménages ont baissé de 5 milliards et non de 17. Où est la réelle hausse du pouvoir d’achat ? Comme il n’y a pas d’économie sur les dépenses, les baisses d’impôts sur les ménages risquent d’être répercutées sur nos entreprises alors qu’elles souffrent déjà de leur manque de compétitivité. Au final, nul n’y gagne. »
L’iFrap préconise une économie de 30 milliards d’ici à 2022. Où épargnez-vous ces sommes ?
« Passer l’âge de la retraite à 65 ans à l’horizon 2028 économiserait 10,8 milliards en 2022 puis 18,7 milliards en 2027. La masse salariale publique représente également un potentiel d’économie important. Il est possible de supprimer un peu plus de 100 000 postes d’ici à 2022 pour atteindre ensuite 315 000 suppressions en 2027 en se servant des départs à la retraite. »
Lire l’intégralité de l’entretien en dernière page ce lundi.
l'Ifrap est un lobby ultra libéral et non un "institut de recherche", dixit l'assemblée nationale.... et franchement c'est pas elle qui sera cassée par le travail à 65 ans !!