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L’annonce d’un papa désespéré fait le buzz : « Recherche enseignant spécialiste en miracles »... |
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Le métier d’enseignant relève-t-il aujourd’hui de la mission impossible ? © Bernd Weißbrod/DPA/SIPA
Un parent d’élève dépité vient de publier une petite annonce aux allures de SOS dans les colonnes du quotidien suisse 24 Heures. Preuve que l’initiative va bien au-delà de la simple farce d’un poisson d’avril, le papa a dépensé 5 570 francs suisses (un peu plus de 6 000 euros) pour cette offre d’emploi de « faiseur de miracles ». Selon lui, la tâche des enseignants relève aujourd’hui de la mission impossible…
Une offre d’emploi d’un genre très particulier, publiée dans les pages emploi du quotidien suisse 24 Heures, fait le buzz en ce moment. Elle a été repérée le mercredi 1er avril. La date interroge forcément : fallait-il y voir un poisson d’avril ? La réponse est nuancée. Sous couvert de dérision, un constat cinglant sur la réalité du métier d’enseignant.
Des « montagnes de formulaires et de belles paroles »
Derrière cette petite annonce choc, Stéphane Wyss, un père de famille qui tente de mobiliser l’opinion sur l’état du système éducatif suisse, qu’il estime en déclin. Papa d’une petite fille de 9 ans, il a dépensé 5 570 francs suisses (un peu plus de 6 000 euros) pour faire paraître cette annonce dans le quotidien basé à Lausanne. L’intitulé de l’offre donne le ton : « Enseignant spécialiste en miracles ». Pour Stéphane Wyss, le constat est sans appel : les enseignants sont confrontés à des classes de plus en plus hétérogènes qui ont remodelé le métier en profondeur. Dans ce contexte, donner les mêmes chances à tous les élèves relèverait aujourd’hui de la mission impossible.
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Le père de famille manie l’ironie pour développer ses arguments dans l’annonce. Au rang des missions de ce poste de « faiseur de miracles » : « Apprendre à lire à 22 enfants. En même temps, calmer une grosse colère, aider un élève qui a peur et surveiller les chaises qui volent ». Autres prérequis : « Survivre à l’équivalent sonore d’un festival de métal au quotidien » ou bien encore « Remplir des montagnes de formulaires pour signaler des élèves en détresse, tout en sachant que gagner à l’EuroMillions est statistiquement plus probable que d’obtenir de l’aide ». Au rayon des avantages : « Des montagnes de belles paroles politiques ».
Élève épuisée, enseignante dépassée
Interrogé par nos confrères de 20 Minuten, Stéphane Wyss insiste : « Si la forme [du message] est une blague, le fond est une réalité pour beaucoup de classes ». Il base son propos sur sa propre expérience et explique que sa fille de 9 ans rentre régulièrement de l’école épuisée par le bruit permanent d’une classe où la maîtresse ne parvient pas à s’imposer. Pour le père de famille, la responsabilité n’incombe pas à l’enseignante mais au système éducatif dans son ensemble. « L’inclusion sans les moyens adéquats, ce n’est pas de l’inclusion, c’est de la garderie », argue-t-il. Et de conclure : « Il y a clairement une souffrance à l’école aujourd’hui, que ce soit chez les enfants, les enseignants ou les parents ».