|
Johnny Clegg, le « Zoulou blanc » est mort à 66 ans... |
1
Johnny Clegg aux Escales de Saint-Nazaire en 2016. © FRANCK DUBRAY / ARCHIVES OUEST-FRANCE
Le musicien sud-africain Johnny Clegg est décédé à l’âge de 66 ans. Né au Royaume-Uni, il a mis ses chansons au service de la lutte contre l’apartheid, avec les groupes Juluka et Savuka.
Le chanteur sud-africain Johnny Clegg est décédé, ce mardi 16 juillet 2019, à l’âge de 66 ans, des suites d’un cancer du pancréas.
« Johnny est décédé paisiblement aujourd’hui, entouré de sa famille à Johannesburg […], après une bataille de quatre ans et demi contre le cancer », a déclaré son manager, Rodd Quinn, à la chaîne de télévision publique sud-africaine SABC.
Né près de Manchester (Royaume-Uni), le 7 juin 1953, Jonathan Clegg avait grandi dans l'Afrique du Sud de l'apartheid avant de devenir Johnny Clegg, le « Zoulou blanc », et de connaître le succès en adaptant le mbaqanga, un style musical traditionnel zoulou.
Un tube pour Nelson Mandela
Il s’était fortement engagé dans la lutte contre l’apartheid, le système ségrégationniste en vigueur en Afrique du Sud jusqu’en 1994.
Son album Scatterlings of Africa, en 1982, l’avait propulsé en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France.
Le titre Asimbonanga, chanté avec Savuka, et dédié à Nelson Mandela, alors emprisonné sur l’île de Robben Island, au large du Cap, était devenu un tube mondial, en 1987.
Un morceau un temps interdit en Afrique du Sud par le gouvernement raciste blanc, avant de devenir un symbole de la nation arc-en-ciel, que Johnny Clegg avait pu interpréter au côté du prix Nobel de la paix et premier président noir d’Afrique du Sud, en 1999.
« Une perte immense pour les Sud-Africains »
« Il a joué un rôle majeur en Afrique du Sud en faisant découvrir aux gens différentes cultures et en les rapprochant, selon son manager. Il nous a montré ce que cela signifiait d’embrasser d’autres cultures sans perdre son identité ».
Johnny Clegg était le « porte-flambeau » de la lutte contre l'apartheid, a réagi mardi le ministre sud-africain de la Culture, Nathi Mthethwa, sur Twitter. « Avec le décès du chanteur, compositeur et anthropologue Johnny Clegg, c'est un géant immense qui nous quitte ».
Sa musique a « contribué à la cohésion sociale » dans une Afrique du Sud divisée, a encore relevé le gouvernement.
Artiste de « légende », Johnny Clegg a « utilisé la musique pour unir les gens de différentes races » et a « inspiré le changement social, économique, culturel et politique dans le pays », a estimé le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. « Son décès est une perte immense pour les Sud-Africains. »
Quarante ans de carrière
En juillet 2016, Johnny Clegg avait charmé le public des Escales, le grand festival de Saint-Nazaire.
En juillet 2017, il avait entamé une tournée d’adieu à travers le monde, pour boucler quarante années de carrière.