Accueil Info En France et dans le Monde Intelligence artificielle : en Chine, des patients consultent le clone numérique de leur médecin

Intelligence artificielle : en Chine, des patients consultent le clone numérique de leur médecin

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photo  l’obstétricien duan tao a créé un double numérique pour l’application de santé aq, qui compte désormais plus de 100 millions d’utilisateurs.  ©  photo : jade gao / afp 1

L’obstétricien Duan Tao a créé un double numérique pour l’application de santé AQ, qui compte désormais plus de 100 millions d’utilisateurs. © Photo : Jade Gao / AFP

L’IA arrive au chevet des hôpitaux chinois. Pour les patients, il est désormais possible de consulter le clone numérique de certains médecins. Une mutation pilotée par l’État. Censée faciliter l’accès aux soins, cette technologie de pointe suscite toutefois des craintes sur sa fiabilité.

Pendant sa grossesse, Wang Yifan a consulté l’un des gynécologues-obstétriciens les plus réputés de Shanghai, mais sans jamais pousser la porte de son cabinet : elle dialoguait avec son clone numérique, alimenté par l’intelligence artificielle (IA). Le médecin, Duan Tao, a créé son double virtuel sur AQ, une application chinoise qui a récemment dépassé les 100 millions d’utilisateurs. Un reflet de la place grandissante des technologies de pointe dans le secteur médical en Chine, relate l’Agence France presse.

Depuis plus de 10 ans, l’État pilote une numérisation du système de santé pour lui faire gagner en efficacité, car il est soumis à rude épreuve pour satisfaire une population de 1,4 milliard d’habitants. Avec les progrès dans l’IA et la robotique, gouvernement, entreprises privées et médecins voient une opportunité d’accélérer cette transition.

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Pas de prescription médicale

D’ici trois à cinq ans, le secteur médical connaîtra des changements radicaux », prédit Duan Tao, l’obstétricien. Pour entraîner l’intelligence artificielle de son avatar, le docteur Duan l’a nourrie avec beaucoup de contenu : des manuels de médecine, des études de cas cliniques et ses propres comptes sur les réseaux sociaux (il a plus de 10 millions d’abonnés) afin de reproduire sa façon de s’exprimer. Ce robot conversationnel (ou « chatbot ») n’a pas le droit de prescrire de médicaments, et son développeur, le géant technologique chinois Ant Group, précise qu’il ne remplace en aucun cas une prise en charge médicale. Au début, j’avais des inquiétudes  car je tiens à ma réputation  de médecin, confesse Duan Tao. Mais il dit avoir fait le choix d’adopter de façon proactive  cette technologie pour participer à son amélioration.

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Déjà plus 160 000 patients

La Chine doit dévoiler prochainement son quinzième plan quinquennal, sa feuille de route économique et sociale jusqu’en 2030. Les progrès technologiques, notamment dans la santé, devraient en constituer un axe majeur. Plus de 1 000 docteurs ont déjà créé leur jumeau numérique sur l’application AQ.

Elle offre à tout utilisateur, où qu’il soit, la possibilité d’obtenir de bonnes réponses à ses questions », souligne le docteur Duan. Un procédé intéressant en Chine, où, en raison de l’affluence, il est courant d’attendre plusieurs heures devant le cabinet d’un médecin. En six mois, l’agent virtuel du docteur Duan a communiqué avec 160 000 patients.

Pendant la grossesse de Wang Yifan, l’avatar de l’obstétricien constituait une figure rassurante. Exemple de question qu’elle se posait : est-ce mauvais pour la santé du bébé si on utilise du vin pour cuisiner ? Depuis l’accouchement, la jeune maman utilise l’application pour interroger des pédiatres virtuels sur les éruptions cutanées de son bébé ou demander des conseils généraux. « Je ne pense pas que l’application puisse remplacer des médecins », affirme Wang Yifan dans son appartement de Shanghai. Mais cela permet de réduire le nombre de questions à poser aux docteurs  et d’éviter toute infection du bébé lors d’un passage à l’hôpital pour consulter, souligne-t-elle.

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100 projets de dispositifs médicaux

L’immense population chinoise, tout comme les écarts de développement entre villes et campagnes, posent des défis à l’édification d’un système de santé solide et accessible à tous.

Le vieillissement de la société aggrave les difficultés. Les défis sont donc « à plus grande échelle » que dans d’autres pays, note Ruby Wang, directrice du cabinet de conseil LINTRIS Health. Mais la convergence entre l’État et l’industrie permet de mener rapidement de nombreux projets pilotes », dit-elle. L’agent conversationnel chinois DeepSeek (similaire à ChatGPT) est déjà utilisé dans des centaines d’hôpitaux chinois, selon une étude.

Plus de 100 projets de dispositifs médicaux basés sur l’IA sont également en cours en Chine, a récemment indiqué un responsable. Dans un grand hôpital de Shanghai, un modèle d’IA spécialisé, appelé CardioMind, aide à diagnostiquer des problèmes cardiaques. Un autre outil, PANDA, est utilisé pour détecter les cancers du pancréas.

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« Hallucinations »

Mais quid de l’adoption de ces « chatbots » santé par le grand public ? Les Chinois, accoutumés à gérer leur quotidien sur smartphone, des paiements aux déplacements, sont naturellement disposés à les utiliser, relève Ruby Wang, de LINTRIS. La fiabilité de l’IA dans le secteur médical est scrutée avec attention à travers le monde.

Des études suggèrent que si les « chatbots » égalent les médecins humains lors d’examens théoriques, ils se révèlent moins efficaces dans le cadre plus décousu de discussions en ligne avec des patients. L’IA peut avoir des hallucinations »,c’est-à-dire fournir des réponses erronées, rappelle le docteur Duan. Les humains doivent conserver le pouvoir de décision et le choix ultimes », dit-il.

 
Ouest-France  

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