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INFOGRAPHIES. Le nombre de personnes pauvres a fortement augmenté en France entre 2020 et 2023... |
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Le nombre de personnes pauvres a fortement augmenté en France entre 2020 et 2023 © Getty Images/iStockphoto
Selon les données publiées ce lundi par l’Insee, 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire en France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Le plus haut niveau jamais recensé depuis 30 ans.
Jamais, depuis 1996 et le premier calcul du taux de pauvreté en France, les chiffres n’avaient été aussi inquiétants. En 2023, il est « en forte hausse » (15,4 % après 14,4 %) par rapport à 2022, révèle l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une étude publiée lundi 7 juillet. Sur l’année 2023, 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire en France métropolitaine vivaient donc sous le seuil de pauvreté. C’est 700 000 de plus qu’en 2022 et 1,2 million supplémentaire depuis 2020 (+13%).
Défini comme la part de la population dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (2 150 €), il s’établit à 1 288 € par mois pour une personne seule, 1 932 € pour un couple, auxquels il faut ajouter 386 € pour chaque enfant de moins de 14 ans et 644 € pour chaque enfant plus âgé. Mais la moitié des personnes en situation de pauvreté ont un niveau de vie inférieur à 1 041 € par mois, soit 19,2 % de moins que le seuil de pauvreté.
En 2023, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), le niveau de vie annuel médian des personnes vivant dans un logement ordinaire de France métropolitaine est de 25 760 € par unité de consommation (1 UC pour le premier adulte du ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans). Il correspond à un revenu disponible de 2 150 € mensuels pour une personne seule et de 3 860 € pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans.
« Les inégalités de niveau de vie sont en hausse »
« La hausse du taux de pauvreté touche plus particulièrement les familles monoparentales et les enfants, tandis que les retraités sont moins affectés (11 % en situation de pauvreté). Leur niveau de vie est en hausse de 1,2 % contre + 0,9 % pour l’ensemble de la population malgré une revalorisation des pensions au-dessous du niveau de l’inflation, pointe l’Insee. Le niveau de vie des ménages les plus modestes recule en euros constants, en raison notamment de la hausse du nombre de ménages déclarant de faibles revenus d’activité indépendante et de la non-reconduction des mesures exceptionnelles de soutien au pouvoir d’achat mises en place en 2022 » comme les chèques énergie.
Le niveau de vie médian des salariés augmente légèrement (+ 0,3 %) mais leur taux de pauvreté, établit à 6,6 % en 2023, est en hausse de 0,5 point. « Dans ce contexte, les inégalités de niveau de vie sont en hausse » après s’être stabilisées en 2022, insistent les auteurs de l’étude. En 2023, les 20 % les plus modestes perçoivent 8,5 % de la somme des niveaux de vie, et les 20 % les plus aisés, 38,5 %, soit 4,5 fois plus.
Les familles monoparentales, les couples avec trois enfants et les personnes seules sont les plus touchés par les tracas financiers montre le graphique ci-dessous :
Dans son rapport annuel, présenté en juin, l’Observatoire des inégalités estimait que cinq millions de personnes vivent avec moins de 1 014 € par mois quand 630 000 personnes gagnent plus de 7 512 € par mois. Les pôles urbains « concentrent les inégalités » : les riches y sont plus riches qu’à la campagne et les pauvres plus pauvres.