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Infirmières en pratique avancée : « Nous ne remplacerons pas les médecins »... |
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Manon Beatrix-Perrin et Nolwen Le Bihan n’ont pas pour ambition de remplacer les médecins mais de les aider. © Le Maine Libre
Manon Beatrix-Perrin et Nolwen Le Bihan, toutes deux infirmières, se forment en pratique avancée pour élargir leurs compétences et travailler en collaboration avec des médecins généralistes.
Nolwen Le Bihan, 35 ans, et Manon Beatrix-Perrin, 31 ans, sont toutes deux infirmières et se sont engagées en septembre 2023 dans une formation de deux ans pour devenir infirmières en pratique avancée (IPA), avec comme spécialité la pathologie chronique stabilisée. L’une à la faculté de santé de Tours, l’autre à Angers.
C’est un choix d’avenir
, mesure Manon Beatrix-Perrin. Je reviendrai de ma formation avec des compétences élargies et pourrai collaborer avec des médecins
. Pour autant
, précise Nolwen Le Bihan, nous voulons rassurer les généralistes. On ne va pas devenir médecin en deux ans. Nous ne sommes pas là pour les remplacer mais pour les aider
.
« Il faut dégager du temps médical »
Il est vrai que les médecins ne sont pas tous favorables aux IPA
, souligne le maire du Mans Stéphane Le Foll, présent pour signer avec les trentenaires des contrats de soutien à la leur formation. On ne pourra pourtant pas faire autrement. Dans un contexte de pénurie de médecins généralistes, il faut dégager du temps médical à ceux-ci et il va être nécessaire pour eux de déléguer et de céder une partie de leurs prérogatives
.
Une fois diplômées, les deux infirmières pourront notamment réaliser un examen clinique et le comprendre
, mais aussi renouveler une ordonnance de médicaments déjà prescrits par un médecin.
Le contrat signé ce lundi 11 décembre 2023 avec Le Mans métropole engage la collectivité à verser 10 000 € en deux ans aux deux infirmières. Lesquelles en retour doivent revenir travailler dans une commune de l’agglomération une fois formées. C’est un véritable effort que font ces deux infirmières en mettant en stand-by leur activité au cabinet et c’est pourquoi peu de libérales se lancent dans ce projet
, souligne pour sa part Christian Lacoste, adjoint au maire en charge de la santé.
Nolwen Le Bihan et Manon Beatrix-Perrin ont sollicité d’autres aides. La première va recevoir une subvention de 21 200 € de l’ARS, la seconde 60 000 € de l’ARS et 24 000 € du département. Une différence qui s’explique dans leur projet même : si Nolwen Le Bihan ne sait pas encore où elle travaillera à son retour, Manon Beatrix-Perrin a, elle, prévu de rejoindre le réseau de santé Le Mans Ouest.